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L'association "Aide Agir 41", qui regroupe les organisations professionnelles agricoles, vient de mettre en place pour venir en aide aux agriculteurs en difficulté.
En France, un peu plus de 400 agriculteurs se sont suicidés en 2010, selon une étude de l’Institut de Veille Sanitaire. Pour éviter ce genre de drame, et face aux difficultés financières récurrentes rencontrées par la profession, les organisations professionnelles agricoles du département ont décidé de réagir.
Les éleveurs dans le rouge
Banques, Mutualité Sociale Agricole et syndicats se sont ainsi unis pour créer une nouvelle association, « Aide Agri 41 ». Pilotée par la Chambre d’Agriculture du Loir-et-Cher, cette association a pour vocation d’accompagner les agriculteurs rencontrant des difficultés. "Ces difficultés sont particulièrement criantes dans le secteur de l'élevage", précise Guy Vasseur, le président de la Chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher et président national de l’Assemblée permanentes des chambres d’agriculture. "Cela fait au moins cinq ans que les revenus des éleveurs bovins sont les plus faibles de la profession."
De leur côté, les éleveurs de porc et de volaille subissent de plein fouet l'augmentation des coûts de production, non répercutés sur le prix à la vente. "Depuis le mois de janvier, les exploitations spécialisées à 70% ou plus dans le porc ne dégagent plus aucun revenu", alerte Guy Vasseur.
Un appui humain et technique
Actuellement, seuls 60 agriculteurs du département bénéficient du RSA, le Revenu de Solidarité Active, "mais ils sont sans doute beaucoup plus nombreux à y avoir droit", estime Jean-Paul Boiron, membre de la Chambre d’agriculture et président d’Aide Agri 41. "Il est souvent très difficile pour un agriculteur d'admettre ses difficultés et de demander de l'aide."
C'est pourquoi l'appui d'Aide Agri 41 ne se fera qu'à la demande de l'agriculteur lui-même, même si les centres de gestion, premiers informés de la situation financière de chacun, pourront orienter les exploitants les plus en difficulté vers l'association.
Une étude sera alors réalisée par les services de la Chambre et les centres de gestion, afin de mesurer la viabilité économique de l’exploitation concernée. "Par ailleurs, l’agriculteur bénéficiera des conseils et de l’écoute d’un bénévole formé par l’association, souvent lui-même agriculteur en retraite", complète Jean-Paul Boiron. Dans le meilleur des cas, l'agriculteur pourra ainsi poursuivre son activité agricole. Mais si plus rien ne peut sauver son exploitation, l'accompagnement prend alors une autre forme : celui de l'aide à la reconversion.
Michèle Colombel
© 2011