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Les moissons se sont achevées avec plus de deux semaines d'avance en Loir-et-Cher. En cause, les conditions météorologiques de ces derniers mois qui ont abouti à la sècheresse et que les pluies épisodiques depuis le mois de juin n'ont pu pallier.
Le mois de décembre 2010 le plus froid de ces trente dernières années, un mois de janvier aux accents printaniers dès le 15, un mois d'avril qui flirte avec des températures estivales, trois mois sans pluies qui aboutissent à une situation de sècheresse et un retour tardif de l'eau courant juin... "Cette année atypique a eu des conséquences importantes sur les productions, en particulier sur l'herbe et les prairies", pointe Guy Vasseur, le président de l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture et président de la Chambre d'agriculture de Loir-et-Cher.
Dans le département, la perte en herbe est évaluée entre 50 et 70% selon les zones. Une situation inédite qui a abouti à ce vaste élan de solidarité afin de mobiliser des fourrages destinés à nourrir les animaux. "Un dossier de demande de reconnaissance de calamité agricole sur le Loir-et-Cher passe prochainement en Commission nationale, ce qui permettrait aux éleveurs de bénéficier d'indemnisations", précise Guy Vasseur en pointant néanmoins une inquiétude. En effet, le Fonds alimenté par les agriculteurs eux-mêmes ne concerne plus que les fourrages, tandis que les grandes cultures bénéficient des assurances. "Ainsi, les éleveurs en polyculture/élevage ne seraient pas retenus dans les critères de l'indemnisation!"
Que ce soient les blés, l’orge ou le colza, les rendements accusent une baisse de 10 à 15% par rapport à l’an dernier, selon les cultures et les zones géographiques. "C'est vrai que les situations sont hétérogènes et que les écarts sont importants en fonction des terres", reconnait le président de la Chambre. Les blés tendres, qui représentent la première production départementale, sont en baisse de 15% avec des rendements de 30/50 quintaux/ha sur les terres non-irriguées et entre 60 et 70 sur les sols irrigués. Cette même tendance s'affiche sur les blés durs, en revanche, la situation frôle la catastrophe sur les pois protéagineux avec un rendement moyen de seulement 30 quintaux/ha contre 47 en 2010.
Néanmoins, "en termes de qualité, nous avons toujours des céréales exceptionnelles en Loir-et-Cher", se targue Guy Vasseur. Restera à les valoriser sur des marchés capricieux et qui offrent peu de visibilité pour les producteurs...
Nicolas Terrien
© 2011