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En 2009, ils avaient refusé de vacciner leur cheptel contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Une décision contraire à la loi de l'époque, mais qui leur a valu le soutien d'une cinquantaine de manifestants.
Le rendez-vous est fixé à 8h30 jeudi matin, sur les marches du tribunal de proximité de Blois. L'occasion pour Emmanuel Leroux, porte-parole de la Confédération paysanne du Centre, de mettre les points sur les i : "Nous ne sommes pas contre la vaccination, qui a été un progrès dans certains domaines. Mais nous sommes contre l'aspect systématique de cette approche, avec des conséquences inadéquates pour nous." Il fait faut dire que sur les six agriculteurs du département appelés à comparaître, cinq sont en agriculture biologique, et le dernier en méthode naturelle et traditionnelle.
"Quelque part vacciner nos bêtes, ça aurait été un constat d'échec, complète Gilles Guellier, producteur laitier à Monthou-sur-Bièvre, également mis en cause dans cette affaire. Nous sommes en agriculture biologique, et l'agriculture biologique compte énormément sur la rusticité des animaux, c'est-à-dire leur capacité à se défendre contre les agressions qui sont permanentes. Et la fièvre cattarhale ovine n'est pas une agression particulièrement grave."
D'ailleurs, aucun des six agriculteurs n'a eu à déplorer de perte liée à la FCO, tout au plus quelques animaux affaiblis. Mais pour la représentante des services vétérinaires, "personne ne doit être au-dessus de la loi."
Ce jeudi, dans leur combat, ils ont obtenu le soutien d'une cinquantaine de manifestants, issus pour la majorité de la Confédération paysanne et du Front de gauche. Certains consommateurs avaient également fait le déplacement, à l'image de Catherine qui se fournit régulièrement en viande et produits laitiers chez un des agriculteurs mis en cause : "J'ai envie de continuer à manger des produits sains, pour moi, mes enfants et mes petits-enfants. Je connais ces paysans, je sais ce que mangent leurs animaux, je leur fais entièrement confiance. "
Le tribunal rendra son jugement le 15 mars prochain. En première instance, les six agriculteurs loir-et-chérien avaient écopé d'une amende forfaitaire de 150 euros. Cette fois, ils espèrent la relaxe. "Ce serait la première condamnation en France, un an et demi après la fin de la vaccination obligatoire, a notamment déclaré Christian Guellier, agriculteur mis en cause dans cette affaire, également maire d'Azé. Ce serait quand même très surprenant."
© 2011