
| "AGRICULTEURS, CLIENTS : NOS INTÉRÊTS SONT COMMUNS !"
Le Bureau national des chambres d'Agriculture se réunit à Blois en cette fin de semaine. Trois questions à Luc Guyau, président national des Chambres d'Agriculture.
Chaque année, le bureau national se décentralise le temps d'une réunion. Cette année, l'étape se tient à Blois. L'occasion, pour les membres du bureau, de se retrouver dans un cadre plus détendu, pour engager des réflexions d'avenir, mais aussi pour découvrir la région et ses exploitations. Luc Guyau, vous ne cachez pas votre inquiétude quant aux chiffres des revenus agricoles 2008? Effectivement, nous sommes assez inquiets pour le secteur agricole dans sa globalité. Les chiffres 2008 sont en baisse de 20% ! On parle beaucoup du secteur laitier, qui a connu une brusque dérégulation depuis 2008, et risque de connaître une forte tendance baissière en 2009, mais il ne faut pas oublier le secteur viticole, très touché depuis plusieurs années. On avait espéré une amélioration, mais les cours restent insatisfaisants, et il y a des régions en France où la vigne s'arrache ! Du côté du secteur de l'élevage bovin, beaucoup de producteurs doutent également pour l'avenir. Selon vous, les agriculteurs et les consommateurs ont des intérêts à faire jouer en commun ? Tout à fait. Nos intérêts sont communs ! Il est important que nous ayons des mécanismes de régulation, et une meilleure répartition des marges. Le nouveau Ministère que nous avons, celui de l'alimentation de l'agriculture, et de la pêche, répond à la volonté que nous devons avoir de faire une vraie alliance entre producteurs et consommateurs. Le sort des consommateurs et des producteurs sont liés. P. FM : A nouveau ministère, nouveau ministre...Vous l'avez rencontré? L.G: Oui, et il me paraît compétent, et très au fait des questions européennes. Pour moi, un bon ministre, c'est un ministre qui a envie d'exister ! Et on se souvient de ministres de l'Agriculture qui avaient TRES envie d'exister ! (rires) Les Chambres d'agriculture sont en pleine réforme. Comment réussir à tenir votre engagement, celui de garder une vraie proximité, tout en régionalisant les compétences? Je suis plutôt satisfait de l'avancement de cette réforme, qui fait beaucoup moins de bruit que celle des Chambres de Métiers, par exemple, mais qui est à mes yeux tout aussi importante. On pourrait dire que nous avons mis en place cette mutualisation avec tout notre pragmatisme paysan. C'est un petit peu la RGPP (NDLR : Révision générale des politiques publiques) de l'agriculture ! Propos recueillis par Michèle Colombel 03 juillet 2009
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