Erreur javascript
Aucun plugin flash n'est activé sur votre navigateur. 
 Pour une navigation optimale, merci de l'installer en cliquant  ici.
Podcast Blog de Pascal Gaultier C'est à vous direct
Loading Les inquiétudes sont vives pour Philippe et Martial Mahoudeau. Comment les marchés vont-ils réagir face aux différences de qualité entre les blés?
DES MOISSONS SACCADÉES SUR FOND DE PLUIE
Les moissons ont débuté à la mi-juillet en Loir-et-Cher. La météo instable et capricieuse suscite de vives inquiétudes chez les producteurs. Témoignage à Périgny, près de Selommes.

Beaucoup de gens sont actuellement en vacances, mais pas les céréaliers. Ces derniers ont entamé la moisson de leurs productions le 13 juillet. C'est le cas de Martial Mahoudeau, céréalier qui exploite 130 hectares de blé et de colza à Périgny. "Ces moissons traînent en longueur et jouent avec nos nerfs, constate l'exploitant, nous battons trois heures, nous arrêtons une journée, et nous reprenons ensuite pour une demie journée... Mentalement, c'est dur!"

La raison? Le temps qui peine à se maintenir au beau. Les pluies intermittentes imposent une moisson à "l'à coup" stressante pour les céréaliers qui jouent en ce moment leur travail de l'année. Autre facteur aggravant, les conséquences de ces pluies sur les épis. Une part importante est "mitadinée" : les grains perdent leur belle couleur jaune pour une teinte blanchâtre. Le mitadinage se développe particulièrement s'il pleut sur les blés lors de leur maturité.

"Entre les blés durs qui ont été récoltés avant les pluies et ceux d'après, il y a de grandes différences", explique Martial Mahoudeau. "Il y a environ 20% de mitadiné sur les premiers et entre 70 et 80% pour les autres". Les conséquences sont évidemment qualitatives, et les moissons 2009 s'annoncent médiocres pour le céréalier de Périgny.

Quelles débouchées?

A la vente, un blé mitadiné perd une bonne partie de sa valeur. Entre fatalisme et inquiétude, Martial Mahoudeau s'interroge : "Si le marché à l'export nous tire, il sera possible de vendre notre blé, et si ce n'est pas le cas, qu'allons nous faire de notre récolte?" Il est encore un peu tôt pour avoir une réponse, car pour l'instant, l'heure est aux moissons.

Difficile cependant de ne pas appréhender des lendemains difficiles. "Nos coûts de production sont très élevés avec notamment les augmentations des engrais et des produits phytosanitaires, poursuit le céréalier, un blé dur de bonne qualité se négocie à 200 euros/tonne. 40% de mitada, c'est déjà trente euros de moins, à 70 ou 80%, on se pose des questions".

Martial Mahoudeau vient d'achever le battage de ses blés durs, mais les blés tendres ne s'annoncent pas, eux non plus, sous les meilleurs auspices. "Avec la pluie, ils se dégradent". Les qualités meunières ne sont pas satisfaisantes selon les premiers indices relevés. 2009, année noire sur le front des moissons? On serait tenter de le croire, et si le soleil nous baigne à nouveau de ses rayons depuis quelques jours, le mal est fait dans les cultures céréalières.

Nicolas Terrien

Mardi 28 Juillet 2009

 Thème
 Mots clés
-
img img img img img img img img img img img img