Des cours de self défense féminine sont maintenant proposés, depuis le 22 janvier, deux vendredis par mois au centre Mirabeau à Blois.
La self-défense féminine apprend aux femmes à se sentir plus fortes et à ne plus avoir peur grâce à un travail sur le comportement, le regard, l’attitude et le dialogue.
Dans le Loir-et-Cher des cours de self défense féminine ont été mis en place en avril 2009 à Romorantin, Vendôme et maintenant Blois. Ils sont financés par la préfecture avec le soutien de la ville de Blois. Les cours sont gratuits et ouverts à toutes les femmes victimes au quotidien de violence, ou à toutes celles qui veulent pouvoir appréhender des situations d’agressivité.
Savoir se maîtriser soi-même
La première étape est d’apprendre à avoir confiance en soi, afin de se sentir capable de s’opposer à un agresseur potentiel. « Il faut que les femmes apprennent à avoir de l’assurance face au regard de leur agresseur, apprendre à ne plus se laisser dominer par la peur. » explique Hada Bouzid-Gueziel, professeur de self-défense féminin et Présidente de la ligue de Karaté de l’Indre.Si la situation se complique, et mène vers une violence physique, les femmes apprennent alors des gestes simples pour se libérer, se détacher de l’empoigne de l’agresseur, puis enfin des clés pour le mettre à terre et avoir le temps de s’enfuir.
Aucune condition physique n’est requise, et la parole est libre. Hada Bouzid-Gueziel met d'emblée tout le monde à l’aise en s’intéressant aux problèmes de chacune.
« La première chose que je demande aux femmes, quand elles arrivent à la self défense, c’est d’expliquer ce qu’il leur est arrivé, car chaque personne a son histoire. »
Durant la séance de présentation Hada Bouzid-Gueziel a beaucoup parlé et écouté les quelques femmes présentes, venus chacune avec des expériences différentes.
« Je me suis fait battre par mon mari pendant plus de 30 ans, j’ai enfin trouvé la force de le quitter, mais il me harcèle encore, j’aurai aimé pouvoir participer à des cours comme celui-ci plus tôt. » explique Vivianne*.
Beaucoup de femmes subissent des situations de violence pendant longtemps sans réussir à s’en sortir. Le poids des traditions est y pour beaucoup, elles n’osent pas se défendre et sont souvent manipuler.
« La self-défense féminine travaille la notion du genre, c'est-à-dire que lorsque que l’on est petite fille on nous apprend à nous défendre avec la douceur en répondant avec un non gentil, mais face a l’agression ce n’est pas une réponse claire et catégorique et cela risque de déraper. Alors on réapprend aux femmes à être claire avec elle-même et avec l’agresseur pour arrêter tout de suite le dérapage. » commente Nathalie Pronier, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité à la direction de la cohésion sociale.
Apprendre à se réaffirmer
Hada Bouzid-Gueziel, qui a elle-même était victime de violence conjugal, s’implique énormément avec chaque femme qui demande son aide. Elle les aide aussi à sortir plus forte des épreuves de la vie. « On leur apprend à prendre soin d’elle, car ces personnes arrivent avec un moral au plus bas et n’ont plus confiance en elle, il faut qu’elles se reprennent en main. »
Les cours ont lieu toutes les deux semaines, au centre social Mirabeau à Blois, le prochain rendez-vous est le vendredi 26 février. Les cours sont gratuits, mais une adhésion annuelle est demandée, elle est de 2 euros pour les moins de 18 ans, et de 11 euros pour les adultes.
*Le prénom a été changé dans un souci d’anonymat
Caroline Amiard
Lundi 8 février