CINÉMA : QUAND LES LUMIÈRES S'ÉTEIGNENT...
Hier en fin d'après-midi les salles de cinéma ont éteint leurs enseignes pour attirer les regards sur les problèmes de trésorerie qui les touchent.
« Cette opération est destinée à interpeller notre directrice du Centre National du Cinéma [NDLR : Véronique Cayla] sur nos inquiétudes quand à l’avenir des petites salles » annonce Francis Fourneau, propriétaire et exploitant du CVL Palace à Romorantin. Le Palace qui aura bien entendu participé à cette mesure comme bien d'autres cinéma Loir-et-Chériens. A Blois Cap Ciné et Les Lobis ont joué le jeu par solidarité.
La situation financière est en effet tendue pour les petites et moyennes structures qui subissent de plein fouet la réduction de la durée d’exploitation exclusive des films, les baisses de fréquentation, ainsi que les taxes appliquées aux salles. Cela sans compter les mises aux normes techniques et structurelles qui vont arriver.
« On est à un tournant technologique : on doit changer de format de films pour passer au numérique, et d’autre part les délais vidéo viennent d’être raccourcis suite à la loi Hadopi. Cela nous pénalise en nous privant de quelques mois d’exclusivité » explique Francis Fourneau.
Des charges qui ne trouvent pas de compensation à l’heure actuelle. D’où cet appel des exploitants aux pouvoirs publics. L’opération était symbolique : une extinction des enseignes lumineuses, pour ne pas laisser mourir à petit feu ces salles de proximité.
Parmi les solutions suggérées : une baisse des prix de location de films pour les exploitants, afin de répercuter les bénéfices liés à la réduction de la durée d’exploitation exclusive des films, qui reviennent aux distributeurs et producteurs. Des aides au niveau des taxes sur les salles, ou pour permettre l’accessibilité aux personnes handicapées sont aussi souhaitées.
Francis Fourneau met aussi en avant le fait que les aides annoncées pour compenser la réduction de la durée d’exploitation exclusive des films n’ont pas été versées, d’où le déséquilibre perceptible pour les exploitants de salles.
Une manifestation qui avait aussi pour objectif d’expliquer la situation au public, et faire prendre conscience de ces difficultés économiques. Un public qui fréquente de moins en moins les salles obscures. La baisse peut atteindre -30% pour certaines « petites » salles.
Audrey Hudebine
04 Novembre 2009