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LE FILM DE LA SEMAINE : MESRINE, L’ENNEMI PUBLIC NUMÉRO 1
On avait laissé le gangster en pleine extradition, après ses frasques nord américaines et canadiennes. On retrouve un film sans intérêt.

Ici on reprend à peu près de la même façon que le premier film : un aperçu de la chute finale avant de revenir à l’histoire par un flash back.

Le réalisateur Jean-François Richet abandonne ses effets stylistiques, peut-être pour se consacrer à l’homme, pour s’en rapprocher. Mais le pari est loin d’être gagné. Le spectateur assiste à des séries de course-poursuites, de braquages. Des scènes de fusillades brouillonnes.

Pour faire monter l’intensité, il en rajoute à coup de musique censée accroître la tension - notamment en fin de film - et de sautes d’images pour ajouter un style. Le genre "je place le spectateur au cœur de l’action pour qu’il en prenne plein les yeux". Manque de chance, le public a juste envie que ça s’arrête pour pouvoir essayer de reprendre le fil de l’histoire. On retrouve tout de même un Vincent Cassel, toujours charismatique et cynique, mais là encore un brin en dessous de ce qu’on attend de lui. On ne retrouve aucune des subtilités du personnage présentes dans le premier volet. A noter tout de même quelques des scènes assez savoureuses par leur humour.

Passée la désagréable première impression d’avoir un film "vide", le réalisateur essaie de montrer une autre facette du gangster : celui d’un homme qui joue de son image et des médias. Mais le fait qu’un mois sépare la sortie des deux volets est un sérieux obstacle à la continuité des projets.

Perdu l'objectif de vue

Un mois c’est trop long pour que l’on se remémore le premier film (lire "Mesrine, l’instinct de mort"), ou pas assez pour que le spectateur puisse faire une petite révision. De ce fait, le souffle amené par "Mesrine, l’instinct de mort" est retombé. On ne retrouve pas l’énergie, voire la passion qui se dégageait du premier opus. Ici il n’y pas l'aspect humain, on est dans l’image pure, dépourvue de sens. Parfois on a même du mal à comprendre les choix de Jean-François Richet. Comme l’utilisation d’une chanson de Piaf qui tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe. Les musiques censées tenir le public en haleine sonnent faux, car on connaît la fin du film... Bref ça n’aide pas vraiment à accrocher à une histoire assez stérile.

Ce film est-il le film de trop ? Fallait-il faire deux épisodes alors qu’un plus resserré sur l’histoire aurait peut-être permis d’éviter l’absence de scénario du deuxième volet ? Un seul aurait été largement suffisant tant cet "Ennemi public numéro 1" est affligeant, rempli de clichés : l’écriture du livre, la visite de la fille de Mesrine en prison… Le réalisateur se contente de survoler quelques éléments de la fin de vie de Mesrine. Aucun recul n’est fait. Comme s’il suffisait de montrer un homme en prison, qui écrit son livre, qui s’évade, qui reprend ses braquages… Mais où est l’analyse du comportement, de la psychologie du personnage ? A ce demander si en faisant ce second film le réalisateur n’avait pas perdu de vue son sujet. Il n’est plus du tout question du côté "noir" de l’homme. Il est juste question de "spectacle", et pas au sens noble du terme. A croire qu’une fois de plus cette séparation en deux opus n’est que commercial. Finalement un film bien ennuyeux, plat, hors sujet.

Audrey Hudebine

Sortie le 19 novembre. Durée : 2h10
Article précédent : "L'échange"de Clint Eastwood.

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