Depuis le mois de septembre, les ouvrages du fonds patrimonial de la Bibliothèque Abbé Grégoire de Blois sont numérisés, pour être mis en ligne sur Internet.
Depuis 2003, le Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance (CESR) a mis en place un projet inédit et ambitieux : la numérisation d’ouvrages du XIVe siècle, conservés dans les bibliothèques de la Région Centre. C'est donc au tour de celle de Blois de passer à l'ère numérique, grâce à un atelier temporaire de numérisation, installé au sein du fonds patrimonial.
Baptisé « Bibliothèques Virtuelles Humanistes », ce projet va permettre aux étudiants, chercheurs et amateurs du monde entier de consulter et même de télécharger gratuitement des ouvrages uniques et très précieux.
50 000 ouvrages dans la région Centre
C'est Marie-Luce Demonet, chercheur au CESR, qui porte ce projet depuis 2003. "Nous avons commencé par réfléchir aux aspects juridiques et techniques de cette numérisation", se souvient-elle. "Puis, en 2005, nous avons acquis un scanner-numériseur expert, qui n'abîme pas les ouvrages."
Une fois l'appareil testé sur les livres du CESR, la numérisation des différents fonds de la région a commencé en 2007, et n'est pas prête de s'achever : "Nous pensions au départ numériser 2 000 ouvrages", raconte Marie-Luce Demonet. "Nous avons découvert qu'il y en aurait plus de 50 000 datant de cette époque [1500 1650, NDLR] dans la région !"
Symbole de l’ampleur de la tâche : un master dédié à l’édition numérique du patrimoine écrit a été spécialement créé à l’université François Rabelais de Tours. C’est d’ailleurs la formation qu’a suivie Nathalie Tatarenko, qui est en charge de la numération du fonds blésois, pour le compte de la société Arkhénum. "Le travail s'achève bientôt", explique-t-elle, le regard rivé sur son numériseur. "Mais nous avons pris un peu de retard, du fait de soucis techniques."
Le travail de numérisation est en effet loin d'être simple. Effectué manuellement, page par page, il demande une rigueur sans faille. "Tout doit être contrôlé en permanence, que ce soit la netteté des caractères, la couleur ou l'éclairage" Nathalie Tatarenko fait cependant de jolies découvertes. "L'ouvrage qui m'a le plus marqué, c'est un manuel de géométrie en vieux français, chose très rare !"
Diffusion et conservation
Bruno Guignard, responsable du Fonds patrimonial de la Bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois, se félicite de son côté de cette large diffusion sur Internet. "Il s'agit de notre patrimoine commun, et il n'est pas toujours accessible." Selon lui, la numérisation va même apporter de nouveaux lecteurs à la bibliothèque. "Elle ne nous prive pas de nos lecteurs, elle nous en amène, car ils recherchent le contact direct avec le livre, son poids, sa taille. Elle fait également connaître les livres de Blois, numérisés ou non !"
Une large diffusion qui permet aussi la conservation des ouvrages. "Le meilleur mode de conservation d'un ouvrage numérisé, c'est le téléchargement via Internet", estime Marie-Luce Demonet."Plus les écrits seront diffusés, plus ils auront de chance d'être conservés !"
La numérisation du fonds patrimonial de Blois devrait s’achever courant décembre. Au total, 100 à 150 ouvrages bénéficieront cette année de ce programme du numérisation, soit 1/10 ème des collections du XVIème siècle.
Michèle Colombel
17 novembre 2009