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C'est l'exposition événement de l'année au château royal de Blois : "Fêtes et crimes à la Renaissance : la cour d'Henri III" est visible du 8 mai au 24 août.
Moins connu que son successeur Henri IV dont on commémore les 400 ans de l'assassinat cette année, Henri III est resté prisonnier d'une image de roi faible et efféminé. Une injustice selon Elisabeth Latrémolière, Conservateur du Château et des musées de Blois : "C'est un roi décrié à tort que l'on affuble toujours d'une image caricaturale, à l'exact opposé du "bon roy Henri".
S'il existait un lieu tout trouvé pour restaurer l'image du monarque, c'est évidemment Blois. "Par les Etats généraux y furent réunis en 1576 et en 1588, et le double assassinat du duc de Guise et de son frère le cardinal de Lorraine, la figure d'Henri III est intimement liée à Blois", justifie le conservateur.
L'exposition fait revivre les fêtes et les fastes de la cour à la fin de la Renaissance dans cette époque troublée sur fond de crimes et de guerres de religion. Tapisseries, portraits peints et sculptés, tableaux historiques, gravures, armes et objets d'art prêtés par le Louvre, des musées nationaux et de nombreux musées français font revivre cette période clé de l'Histoire de France. Certains tableaux arrivent tout juste de Pologne. C'est d'ailleurs la première fois qu'ils sortent du pays, ce qui rajoute une touche supplémentaire à l'ampleur de l'événement. En effet, Henri III a aussi été roi de Pologne durant... six mois; avant qu'il ne regagne la France dans une fuite très romanesque.
Parce que la vie à la cour était très théâtralisée, le commissariat de l'exposition a fait appel à Alain Germain. L'homme de théâtre, écrivain, muséographe, (c'est lui qui avait monté "Le Bourgeois Gentilhomme" et "Le Malade Imaginaire" au Château de Blois) a mis en place des saynètes dans chaque salle de l'expo. "C'est un ensemble de silhouettes découpées et peintes en trompe l'oeil qui témoignent de la mode vestimentaire et de la magnificence des costumes de la Renaissance, explique t-il, ces personnages immobiles, suspendus dans le temps, accueillent le promeneur et retracent certains événements de cette période à la manière d'un chemin de croix".
Un nouveau pas dans la réhabilitation de ce roi décrié? Lettré et fin politique, le dernier des Valois est victime d'une légende qui fait de lui un roi faible et maniéré. "Il eût été un fort bon prince s'il eût rencontré un bon siècle", écrivait Pierre de L'Estoile en 1589.
Nicolas Terrien
Jeudi 6 mai 2010
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