L'entreprise de vente à distance dans la tourmente actuellement, était à l'arrêt ce jeudi. La Maison de Valérie s'apprête à licencier 110 salariés sur les 272 que compte le site vinolien.
Aujourd'hui une grande partie des salariés se sont regroupés pour faire le point sur les négociations entre la direction et les représentants du personnel concernant le plan de sauvegarde de l’emploi. Les salariés revendiquent des primes de licenciement, des congés de reclassement, un budget formation, ainsi que des garanties sur l’avenir des 162 employés restant.
Des négociations qui semblaient en bonne voie la semaine dernière et qui brusquement se sont figées mercredi soir après une nouvelle proposition de la direction… « Hier la direction nous a mis un ultimatum avec une proposition très en deçà des revendications des salariés. On a eu une avancée vendredi, on a espéré trouver un accord et là on ne sait pas pourquoi ils sont arrivés avec une proposition inférieure. C’était à prendre ou à laisser sans nous laisser le temps de consulter le personnel et avec des contreparties syndicales inacceptables » explique Luc Ventoulou, secretaire du Comité d’Entreprise, délégué Force Ouvrière.
Une proposition refusée par les représentants du personnel qui affirment être prêt à signer l’offre effectuée vendredi dernier. Une proposition qui aurait été rejetée par la direction.
Du côté des salariés, on reste dans le flou, reprochant l’absence de communication claire. « On a eu une information ce matin de la part de nos superviseurs, nous disant que 80% de nos demandes avaient été acceptées. Mais nos délégués et élus au comité d’entreprise nous ont dit que ce n’était pas vrai, que les négociations étaient arrêtées » raconte Peggy, employée du groupe depuis 7 ans. Du côté de la direction on estime que les négociations ne sont pas achevées, et que la discussion reste ouverte.
Durcissement des actions
Après l’annonce de ce revirement, les salariés ont décidé d’investir le bureau du directeur général de la Maison de Valérie, Jean-Claude Villeger afin d’obtenir les explications. Environ 150 personnes se sont donc regroupés dans et devant le bureau. « C’est à lui de prendre ses responsabilités et de contacter les bonnes personnes, et c’est au groupe de montrer sa volonté d’arriver à un accord valable pour tout le monde. Je pense que les salariés sont prêts à patienter longtemps devant la porte du directeur » annonce Luc Ventoulou.
Après un long entretien entre Jean-Claude Villeger et les salariés, ces derniers ont laissé le directeur pour qu’il contacte un interlocuteur au sein du groupe Redcats. Mais qu’est-il ressorti de cette rencontre ? « On a été voir notre directeur pour lui demander des comptes, et il nous a répondu que nos délégués étaient des menteurs et qu’ils n’avaient pas compris les réunions. On a l’impression d'être pris pour des imbéciles » raconte Peggy.
Ce n’est pas la situation de l’entreprise qui est contestée, ni même les licenciements qui pour les salariés, comme Peggy, semblent inéluctables… « On sait que les licenciements sont là, on est prêt, mais on veut que les gens puissent partir dignement et que les gens qui restent aient une vraie sécurité de travail, on veut savoir dans quoi ils vont être embarqués »
Dans l’après-midi, une réunion entre direction et représentants syndicaux a pu avoir lieu sans pour autant donner des pistes de sortie dans ce conflit. Les salariés continuent donc leur mouvement, attendant une réaction et une ouverture de la part de la direction.
Audrey Hudebine
25 février 2010