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Invité sur plus FM mardi matin, le maire de Romorantin a évoqué le peu de motivation de certains partenaires pour le maintien de la liaison ferroviaire en Sologne. Le soir même, il s'en entretenait avec François Bonneau et les membres du CE du B.A.
"Je suis très inquiet, car j'ai l'impression que certains ne jouent pas le jeu", déclarait Jeanny Lorgeoux en début de semaine au micro de Plus FM. Il s’agit de trouver 14 millions d’euros pour assurer la pérennité de cette liaison ferroviaire entre Luçay-le-Mâle et Salbris via Romorantin. "Dans ce dossier, j'ai le sentiment que tout le monde "se hâte lentement", a dénoncé le maire.
Réseaux Ferrés de France (RFF) et la Région Centre ont déjà annoncé leur intention de mobiliser quatre millions d'euros chacun, reste à trouver les six millions manquants. Ainsi, le maire de Romorantin en appelle aux intercommunalités du secteur, aux Pays et aux Conseils généraux du Loir-et-Cher et de l’Indre pour participer à l’effort financier pour le réaménagement de la ligne. Chacun pourrait participer au financement des travaux de mise en conformité de la ligne métrique selon ce plan imaginé par Jeanny Lorgeoux et "qui a au moins le mérite d'exister".
A l'occasion du forum "Ambition 2020" organisé par la Région Centre mardi soir à Romorantin, son président, François Bonneau et Jeanny Lorgeoux ont rencontré une délégation du Comité d'entreprise du Blanc-Argent. "C'est un processus de sabotage auquel nous assistons depuis trois ans, expose Christian Subernat, membre du CE, il n'y a plus de billetterie automatique, les réservations sont impossibles... Depuis le rabaissement de la vitesse à 40 km/h, nous avons perdu 20% des usagers". Pour le CE, une décision rapide doit être prise (en mars), pour un coup d'envoi des travaux en juin, sous peine de disparition pure et simple de la ligne.
Reste à savoir sur quelle base budgétaire et qui finance... 20 millions? 16 millions? Aujourd'hui, l'évaluation s'accorde sur 14 millions. "C'est une somme excessive", estime François Bonneau. RFF et la SNCF s'appuieraient en effet sur les normes TGV pour la remise en état du B.A. qui roule aujourd'hui à... 40 km/h contre 70 auparavant.
De leur côté, les autres collectivités sont-elles prêtes à mettre la main à la poche pour sauver le B.A. ? Le Conseil général de Loir-et-Cher a déjà émis de sérieuses réserves sur le sujet au regard de ses compétences, mais "la porte n'est pas fermée", assurait mardi soir Michel Leroux, son premier vice-président, qui lui aussi dénonce vertement le coût des travaux. "C'est au-delà du raisonnable, à se demander si nous ne sommes pas en train de nous faire enfumer par la SNCF et RFF!" Pour l'élu départemental, il convient de revoir le devis, "et si ces travaux s'avèrent vraiment utiles pour le département, nous y participerons". Côté départemental, le ton se présente moins catégorique qu'il ne l'était encore il y a quelques semaines, lorsqu'il renvoyait la Région a ses compétences ferroviaires.
En attendant, pour Jeanny Lorgeoux, seules deux solutions existent : "Soit nous décidons de garder le B.A. et nous trouvons ces 14 millions d'euros, soit on décide de ne pas le financer, donc de ne pas le garder". Pour le moment, Jeanny Lorgeoux ne pointe personne du doigt, mais il n'exclut pas de le faire le cas échéant. "Le moment venu, je saurai dire qui n'a pas joué le jeu!", prévient-il. Le 15 février prochain, les élus solognots seront reçu par Thierry Mariani, le nouveau Secrétaire d'Etat aux Transports, pour lui exposer la situation et réclamer une participation largement revue à la hausse du côté de RFF. A la base, c'est tout de même sa compétence...
Nicolas Terrien
© 2011