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Adyl Abdelhafidi, employé au Domaine de Chaumont-sur-Loire, a été licencié après avoir trouvé une similitude entre son employeur et Louis XVIII sur Facebook.
L’affaire remonte à la fin du mois d’août dernier : Adyl Abdelhafidi, assistant du développement culturel du Domaine de Chaumont-sur-Loire depuis 3 ans en CDI, commente sur le profil Facebook de son ancien responsable de service, une photo d’une sculpture du roi Louis XVIII. Son commentaire dit : "Il me rappelle sérieusement une directrice que j’ai bien connue". Quatre mois plus tard, en décembre, il reçoit une lettre de licenciement, avec pour motif ce commentaire, mais aussi quatre autres raisons survenues durant les derniers mois. "Cela a commencé au mois de juin 2010 lorsqu’un conflit a éclaté entre mon responsable hiérarchique et la directrice du Domaine, raconte l’ancien employé. A la suite de cela, la directrice m’a demandé de lui fournir tous les courriers que mon responsable envoyait à l’extérieur de l’établissement, chose que j’ai refusée. On m’a ensuite ôté tout mon travail, je suis restée 3 mois dans un bureau vide. Le 31 août, j’ai commenté une photo de Louis XVIII sur le profil de mon ancien responsable hiérarchique, sans citer le nom de l’entreprise, ni une personne quelconque. Au mois de décembre, j’ai reçu ma lettre de licenciement où on me reproche un manque de compassion envers la directrice puisqu’elle s’est cassée la jambe un an et demi auparavant et sur la photo que j’ai commentée, Louis XVIII a des béquilles".
"J'appelle les députés à légiférer sur ce problème"
Adyl Abdelhafidi a donc décidé de porter l’affaire devant les prud’hommes. Il souhaite que le Domaine soit condamné pour licenciement abusif. Il estime que le commentaire publié sur Facebook ne devait pas entrer en ligne de compte pour son licenciement, celui-ci relevant de la sphère privée. "C’est une atteinte très grave à notre liberté d’expression, puisque ce commentaire apparaissait sur un mur privé de Facebook, même si c’est une plateforme publique, rappelle-t-il. Ma démarche aujourd’hui est de lancer le débat sur le licenciement Facebook, mon ultime souhait est d’appeler les députés à légiférer là-dessus". "C’est vrai qu’il n’y a pas de jurisprudence sur cet aspect concret lié au réseau sociaux, rétorque Maître Jean-Etienne Giamarchy, l’avocat du Domaine de Chaumont-sur-Loire. Dans ce cas-ci, c’est un acte de dénigrement qui s’apparente à une forme de déloyauté envers son employeur sur un réseau social. Cependant, il existe de la jurisprudence sur d’autres types de supports qui consiste à faire en sorte que les salariés, au travers du contrat de travail conclu avec l’employeur, s’oblige à son égard à un devoir de loyauté minimum. De plus, ce profil Facebook était accessible à tous".
Reste à savoir si sans la publication de ce commentaire sur Facebook, Adyl Abdelhafidi aurait été licencié. "Il aurait peut-être été licencié quand même, car il y avait d’autres éléments qui montraient que la confiance n’existait plus entre le Domaine et lui", répond l'avocat du Domaine.
Cindy Anjorand
© 2011