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Si Crédit Agricole SA se retrouve au coeur de la tempête boursière, les caisses locales affichent une relative sérénité. Rencontre avec José Santucci, le directeur général du Crédit Agricole Val-de-France.
Plus FM : Quel est votre regard sur la crise que nous traversons?
José Santucci : Je pense qu'il s'agit d'une crise globale de l'endettement. Ces dernières années, nous avons eu recours à l'endettement en creusant les déficits pour maintenir la croissance. Aujourd'hui, nous nous apercevons que nous avons atteint certaines limites dans l'endettement public, et qu'il faut trouver d'autres relais. Il faut réfléchir à des financements d'investissement qui ont un certain retour.
Quelles sont les conséquences concrètes de cette crise pour vos clients?
Il n'y a aucune inquiétude à avoir. Crédit Agricole Val-de-France est une entreprise à part entière qui par son statut coopératif dispose de fonds propres importants. Nos résultats servent à renforcer l'outil et à affronter des périodes difficiles. Aujourd'hui, nos fonds propres s'élèvent à plus d'un milliard d'euros, ce qui nous permet de faire notre métier de financement de l'économie locale sereinement, tout en rassurant nos épargnants.
Se dirige t-on vers un durcissement des conditions d'octroi du crédit?
Nous sommes à un tournant. Nous avons certainement vécu une période où le crédit était relativement facile et peu cher. Demain, les conditions seront revues dans le fonctionnement global. Les crédits à trente ou cinquante ans devraient se raréfier et il y aura sûrement plus d'attention portée sur la qualité de l'emprunteur. Il y aura une hiérarchie des crédits pour permettre aux banques de se refinancer. Cependant, Crédit Agricole Val-de-France n'est pas dépendant des marchés. Nous prêtons l'argent que nous collectons auprès de nos clients, c'est pourquoi nous restons sereins face à ces évolutions, même si nous ne sommes pas sourds à notre environnement.
La semaine dernière, la note du Crédit Agricole s'est retrouvée dégradée à cause de votre exposition en Grèce. Quelles sont les conséquences?
Une fois encore, il n'y a pas de conséquences directes. La note est surtout utile aux investisseurs. Nous n'avons pas besoin d'avoir accès aux marchés pour financer nos crédits. Je vous rappelle que le Crédit Agricole reste la banque française la mieux notée en Europe. La note est passée de 19 à 18, mais cela reste une très bonne note.
C'est dans ce contexte que vous lancez une nouvelle campagne de communication intitulée "le bon sens à de l'avenir"...
Effectivement. Cette campagne est programmée depuis longtemps, mais je pense qu'elle arrive à point nommé. Elle nous permet de montrer ce que l'on est, à savoir une banque ancienne créée à l'origine pour permettre aux agriculteurs d'avoir accès au crédit. Si demain le crédit sera plus difficile et plus cher, je redis que nous collectons et redistribuons sur place. Dans notre slogan, le bon sens n'apparaissait plus, mais il nous colle à la peau, c'est notre marque génétique. Aujourd'hui, nous le retrouvons sans vision passéiste, mais orientée vers l'avenir.
Propos recueillis par Nicolas Terrien
© 2011