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250 matelas, 150 sommiers et une trentaine de têtes de lit. Voilà ce qui sort chaque jour des ateliers de la toute nouvelle unité de production de Treca, à Mer, sur le parc d'activité des Portes de Chambord. Un site flambant neuf à 11 millions d'euros, inauguré le lundi 30 janvier, qui marque ainsi le grand retour de l'industrie du matelas dans le bassin mérois, 12 ans après la fermeture de l'usine Epeda.
Il aura suffi de 10 mois de travaux pour que le projet devienne réalité. Et pourtant, cette nouvelle usine, les salariés de TPS (Treca, Pirelli, Sleepeezee) en rêvaient depuis bien longtemps. Jusque-là prisonniers d’un site de production obsolète et scindé en deux par la route nationale, les 160 ouvriers permanents du fabricant de matelas officient désormais, depuis le 9 janvier dernier, dans un atelier moderne et adapté aux ambitions du groupe Cauval.
« Nous avons profité du déménagement pour réinvestir dans tous les flux de production », explique Emmanuel Debard, le directeur industriel du site. « Nous avons eu la chance de pouvoir construire l’outil d’abord, puis d’ériger les murs autour, et non pas l’inverse. » Il faut dire que la disposition du site balgencien rendait très compliquées les conditions de travail. « A Beaugency, la route qui traversait le site nous obligeait à nous servir de chariots élévateurs pour transférer les produits depuis l’atelier de production jusqu’au magasin produits finis. Ici tout est regroupé – d’une façon assez classique, mais bien plus opérationnelle et efficace – entre matières premières, production et produits finis. » L’usine ne compte désormais plus qu’un seul bâtiment de près de 19 000 mètres carrés, dont 8 000 consacrés au stockage de la matière première.
D’où l’immense satisfaction de Jérôme Maigret, secrétaire du comité d’entreprise et délégué syndical CGT de Treca, pour qui « les deux sites ne sont même pas comparables. » Les conditions de travail non plus. « On passe d’un site qui datait de 1947 à un bâtiment qui sent encore le plâtre et la peinture, donc on ne peut être que satisfait des conditions de travail », commente le syndicaliste. « Avant on avait des petits ateliers séparés, chacun était dans son coin, il pouvait y avoir jusqu’à 300-400 mètres d’écart entre les ateliers. » Le site dispose notamment désormais de convoyeurs avec des systèmes automatisés, qui permettent aux personnels de manipuler les matelas sans avoir à supporter les ports de charge. Pour Jérôme Maigret, « ce déménagement change tout en termes de production, et également en termes de sécurité pour les ouvriers, qui était devenue discutable à Beaugency ». Et d’ajouter que « l’outil dont nous disposons nous permettra sans doute d’améliorer encore plus la situation. »
Après une refonte d
e la stratégie industrielle de Treca voilà un an et demi, qui a permis au groupe de traverser la crise sans trop de remous, la direction voit en effet encore plus grand pour l’usine de Mer. « Le site loir-et-chérien a pour vocation à monter en capacité dans les mois qui viennent », confirme Emmanuel Debard. Le directeur du site aimerait voir la production augmenter de 20 à 30%, pour passer à une production quotidienne de 350 matelas. Une quatrième marque haut-de-gamme à forte notoriété devrait par ailleurs venir s’ajouter à Treca, Pirelli et Sleepeezee dans un futur très proche.
L’inauguration de l’édifice aura été auréolée de la présence de Maurice Leroy, ministre de la Ville et président du Conseil Général de Loir-et-Cher, pour qui il était primordial que le spécialiste de la literie ne quitte pas la région Centre. Le maire de la commune de Mer, Claude Denis, était également présent, très heureux de voir ce territoire mérois « renouer avec la literie, l’industrie et la production. »
Laura Heulard
© 2011