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Comment réinventer le commerce de centre-ville?

Le phénomène de vacance des commerces n'est pas propre à Blois. Toutes les villes moyennes subissent une désaffection de leurs centres historiques au profit des enseignes de périphérie. Un colloque organisé par la CCI s'est intéressé au sujet ce lundi.

Tout est parti d’un cri d’alarme lancé par les commerçants blésois à l’automne 2016, alors que le chantier de l’ACVL (Aménagement Cœur de Ville Loire) s’apprêtait à se poursuivre sur la rue Porte-Côté. "Nous soutenons ces travaux, rappelle Yvan Saumet, le président de la Chambre de commerce, mais nous les souhaitons plus rapides, car la situation des commerces est très préoccupante". Entre facteurs structurels et conjoncturels, beaucoup d’enseignes baissent le rideau dans les centres des villes de 10 000 à 100 000 habitants, et Blois est loin d’être un cas isolé. Pascal Madry annonce les chiffres de 2016 : Un taux de vacance commercial de 11% à Blois, 9% à Romorantin et 7,5% à Vendôme.

"Le problème, c’est que les centres villes sont des lieux au centre de nos territoires, mais plus au centre de nos modes de vie", explique le directeur de l’Institut pour la Ville et le Commerce. Car le commerce des années 2010 est bien une affaire de grandes surfaces, puisque c’est dans ces offres que 70% des chiffres d’affaires se concluent. Les 30% restants se partagent quasi-équitablement entre commerce de quartier (17%) et commerce de centre-ville (13%). Sauf que les enseignes périphériques se taillent la part du lion, et elles sont même plus nombreuses que la consommation ne peut en absorber. Reste à réguler ce développement.

A chacun lors de ce colloque d’évoquer des pistes de redynamisation des commerces de centre-ville : aide au loyer sur les premiers mois d’activité, exonération de taxes foncière, gratuité du stationnement... Le maire de Contres, Jean-Luc Brault, évoque le rachat de murs commerciaux par la collectivité pour les mettre à disposition de nouveaux commerces. Maxime Bréart coordonne une nouvelle démarche initiée à Noyon (15 000 habitants en ex-Picardie) en 2014, "Ma boutique à l’essai". "Un porteur de projet peut tester son idée et bénéficier du prêt d’un local et d’un accompagnement", indique-t-il.

A charge aux décideurs aussi de développer des animations commerciales, et de mettre en avant les atouts de leur centre. A Blois, le patrimoine et la culture semblent offrir de belles promesses, même si on ne peut délier cette question de dynamisme commercial à celles de l’urbanisme et de l’habitat. "En attendant, il faut donner un coup d’arrêt au développement des zones commerciales périphériques", préconise Louis Buteau, maire-adjoint de Blois chargé du commerce, de l’artisanat et des services.

Par Nicolas Terrien | Publié le 13/03/2017

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