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Loading Stéphane Ricordeau accuse l'Inspecteur d'Académie d'avoir modifié les chiffres des emplois enseignants dans le département.
DU VOL QUALIFIÉ !
Quand Stéphane Ricordeau accuse : selon le secrétaire départemental de la FSU, l'Inspecteur d'Académie aurait modifié les chiffres relatifs aux postes d'enseignants dans le département, afin d'économiser 12 postes.

Quand Stéphane Ricordeau accuse, il n’y a plus de demi-mesure qui tienne.  Selon le secrétaire départemental de la FSU (principal syndicat enseignant), l’Inspecteur d’Académie aurait modifié les chiffres relatifs aux postes d’enseignants dans le département, de façon à économiser 12 postes.
Sept d’entre eux auraient disparu des chiffres de l’Inspection entre septembre et décembre 2009, alors que les cinq autres, qui figurent en « ouvertures » pour la rentrée 2010, seraient en fait cinq postes déjà possédés par le département. "C'est une accusation très lourde", reconnaît Stéphane Ricordeau, qui parle d'une "tentative de spoliation d'emplois" et d'un "scandale sans précédent".

"L'illégalité la plus totale"

Pour mieux comprendre, il faut remonter à la rentrée 2007. A ce moment-là, les effectifs du département sont de 1588,5 postes. Au mois de janvier, date à laquelle est établie la carte scolaire, 4 postes en plus sont attribués au Loir-et-Cher. L’effectif, à la rentrée 2008, est donc passé à 1592,5 postes.
Jusqu’ici, rien d’anormal, mais c’est au mois de janvier dernier que l’affaire se corse. Le département se voit destitué de cinq emplois, en raison d’une baisse du nombre d’élèves. L’effectif départemental devrait donc être porté à 1592,5 -5, soit 1587,5. Sauf qu’à la rentrée 2009, ce même effectif est de 1580,5 dans les documents de l’Inspection.

Où sont donc passés les sept postes manquants ? Stéphane Ricordeau pense les avoir retrouvés. Dans les chiffres de janvier 2010 apparaît une ligne, inexistante auparavant, mentionnant une « marge » de 7,25 postes.
Une marge qui, selon Stéphane Ricordeau, entérinerait la disparition pure et simple de ces sept emplois. Un bon moyen, toujours selon le FSU, de faire discrètement quelques économies. "En modifiant ainsi les chiffres du budget et de l'emploi, l'Inspecteur d'Académie est dans la plus totale illégalité", note Stéphane Ricordeau, en rappelant que " l'Inspection n'a pas le droit de supprimer ni de créer des emplois, elle est simplement là pour les répartir".

"Un scandale"

Sur les douze postes mentionnés le secrétaire départemental de la FSU, il en reste encore cinq : il s’agirait en fait de cinq postes de RASED (les réseaux d’aides aux élèves en difficulté) déjà existants dans le département, et qui figurent toutefois dans la colonne des ouvertures de postes pour la rentrée 2010.

Gérard ArrambourgPour l'Inspecteur d'Académie Gérard Arrambourg, la différence de postes entre septembre et décembre 2009 s'explique très simplement : " il s'agissait de huit postes de RASED, qui ont par la suite été comptabilisés en surnombre, et qui n'apparaissaient donc plus dans les chiffres".
Quant aux cinq postes de RASED figurant dans les ouvertures, Gérard Arrambourg reconnaît que "la subtilité administrative peut être difficile à comprendre, mais pour que ces personnes puissent continuer à exercer et que leur salaire soit pris en compte dans le budget de l'année à venir, je dois faire repasser ces postes, qui étaient en surnombre, dans la catégorie des ouvertures."

L'Inspecteur d'académie garantit en tout cas que "ces postes, soi-disant volés, seront bel et bien affectés quelque part en Loir-et-Cher. Si vraiment on se trouvait avec un ou deux postes supplémentaires, ils seraient alors affectés au remplacement, qui a bien besoin de soutien. On se laisse chaque année cette marge de manoeuvre, qui nous permet de revoir notre copie au cours de l'élaboration de la carte scolaire."

Stéphane Ricordeau, de son côté, crie au "scandale" et au "vol qualifié", en demandant "la restitution immédiate de ces emplois". Quant au dossier dans lequel figure tous les chiffres avancés, il vient d’être envoyé à l’ensemble des membres du CDEN, le conseil départemental de l’Education nationale, mais aussi aux sénateurs et députés du Loir-et-Cher.
 

Michèle Colombel
27 janvier 2009

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