Orientation, accompagnement, et meilleure adaptation aux enjeux contemporains : la réforme du lycée débute dès la rentrée prochaine, avec la mise en place de la nouvelle seconde.
Paul Canioni, le recteur de l’Académie Orléans-Tours était au lycée Augustin Thierry de Blois jeudi, afin de présenter à l’ensemble des acteurs pédagogiques du lycée les principaux changements qui interviendront dès le mois de septembre.
Premier objectif de cette réforme, pour le recteur : faire diminuer le taux de redoublement en classe de seconde. "Ne serait-ce que dans cette académie, nous avons encore entre 12 et 14% de redoublements, sans compter les réorientations en fin de seconde, qui font perdre un an aux élèves", regrette Paul Canioni. Deuxième priorité : "une meilleure préparation aux études supérieures, afin d'éviter les échecs, encore trop nombreux, au cours des premières années d'université."
"Trois heures d'enseignements exploratoires"

En pratique, les élèves conserveront le même nombre d’heures de cours, mais auront à choisir deux enseignements d’exploration parmi une liste propre à chaque lycée. Il pourra s’agir d’enseignements économiques, scientifiques et techniques, ou encore d’une initiation à la musique ou à une troisième langue vivante, à raison de trois heures par semaine. "Les élèves seront ainsi mieux informés sur les métiers qui les attendent. Ils pourront également changer de filière en première s'ils le souhaitent."
Deuxième volet de la réforme : un accompagnement personnalisé à raison de deux heures par semaine, "pour travailler des difficultés spécifiques, ou faire un peu de méthodologie, à commencer par l'apprentissage de la prise de notes". Par ailleurs, l’apprentissage de deux langues vivantes devient obligatoire pour toutes les sections, avec un renforcement de la pratique orale.
Littérature et société, arabe ou sciences de laboratoire
Dans le cadre de la réforme nationale, chaque lycée conserve une liberté de mise en application, notamment dans le choix des enseignements d’exploration. "Au lycée Augustin Thierry, des groupes de travail ont été constitués à cet effet", explique Jean-Marie Deroubaix, le proviseur du lycée. "Nous proposerons des enseignements économiques, qui sont obligatoires, mais aussi des cours de Sciences et laboratoire, Littérature et société, Cinéma-audiovisuel, ou encore un enseignement d'arabe, de latin et de grec ancien."
Et les élèves, dans tout ça? Steeven Chausson et Julien Bouguenna, élèves de première bac pro Maintenance Industrielle au lycée Augustin Thierry, se montrent plutôt sceptiques. "Ca va un peu trop vite", estime Steeven. "Les élèves n'auront pas le temps de faire leur choix". Pour Julien, "il y aura moins de choix dans les options, et plus de sélection. Certains élèves risquent de se retrouver dans des filières qu'ils n'ont pas choisies".
Comité d'accueil
Steeven et Julien ne sont pas les seuls à douter du bien-fondé de la réforme. Pour accueillir le recteur jeudi matin, une petite dizaine de professeurs du lycée s’étaient réunis devant la grille d’entrée, afin de protester contre les 16 000 suppressions de poste prévues à la rentrée prochaine, mais aussi contre cette réforme. "Nous perdons trois postes à la rentrée prochaine", souligne Corinne Boisselier, professeur de Sciences économiques et sociales au lycée Augustin Thierry, "et l'année dernière, aucun départ en retraite n'a été remplacé".
Et quand on lui parle réforme du lycée, Corinne se dit lassée d'entendre "de la démagogie et de la rhétorique, qui cachent en fait des mesures qui vont à l'encontre du bien-être des élèves. Le ministère commence par supprimer des postes, puis voit ensuite ce qu'il peut faire avec les heures qu'il reste. Pour nous, c'est l'inverse qu'il faudrait faire !"
Interrogé sur ces suppressions de postes, le recteur Paul Canioni affirme n'avoir retiré "aucun emploi dans l'académie pour la rentrée prochaine. Nous avons même créé onze postes supplémentaires."
Après la mise en œuvre de la nouvelle seconde, ce sera au tour de la nouvelle première de se mettre en place à la rentrée 2011, et la nouvelle terminale en septembre 2012.
Michèle Colombel
25 février 2010