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Radio Plus FM > Actualités > Education > L'enseignement catholique aussi s'inquiète pour la rentrée prochaine

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Education

Jérôme Brunet, directeur diocésain de l'enseignement catholique.

L'enseignement catholique aussi s'inquiète pour la rentrée prochaine

Une quarantaine de postes pourraient être supprimés à la rentrée, avec à la clé, de nouvelles fermetures de classes.

Eric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique, a lancé « un avertissement solennel » mardi, dans « La Croix ». Comment réagissez-vous à ses propos ?
"Nous sommes évidemment solidaires avec ce qu’Eric de Labarre a déclaré, en lançant cette alerte. Notre position a toujours été d’être parfaitement loyaux envers les pouvoirs publics. On sait qu’il y a un certain nombre d’économies à réaliser, donc ça, ça n’est pas remis en question. Ce qui est remis en question, c’est davantage le « montant des retraits », c’est-à-dire le nombre de postes qui est retiré à l’éducation catholique, puisque la différence pour nous, c’est que chaque poste, la quasi-totalité des emplois, sont devant des élèves. Donc quand on rend des élèves, on supprime des classes. Il faut savoir que l’enseignement catholique, au niveau national, refuse chaque année plusieurs dizaines de milliers d’élèves. Cette année, on a refusé entre 30 000 et 40 000 élèves. Donc on ne peut pas répondre aux attentes des familles."

Et au niveau du Loir-et-Cher, ça se traduit comment ?
"Dans le Loir-et-Cher, on ne peut pas dire qu’on ne peut pas faire face à toutes les demandes. Nous, nous sommes dans une région où les effectifs sont constants pour l’enseignement catholique depuis quelques années. Il y a eu quelques baisses, il y a deux ans et trois ans. Mais là nous étions à effectifs constants. Cette année, la région Centre devra rendre 36 emplois pour un effectif total de 50 000 élèves."


Dans quel état d’esprit envisagez-vous la rentrée prochaine ?
"Si le gouvernement maintient son rythme de suppressions d’emplois, 16 000 à la rentrée prochaine, ça signifiera pour l’enseignement catholique autour de 3000 suppressions d’emplois… Là nous sommes extrêmement inquiets, parce que nous ne pourrons pas rendre ces emplois sans fermer des classes dans le Loir-et-Cher. C’est pour ça que l’enseignement catholique fait un certain nombre de propositions alternatives. Il y a moyen de réduire le nombre d’emplois en réduisant par exemple le temps d’enseignement ou en réaménageant le service des enseignants de façon à faire des économies sans toucher aux structures des établissements."

Dans le Loir-et-Cher, quels établissements seraient menacés ?
"Pour l’instant, je ne suis pas en mesure de dire s’il y a des établissements qui sont directement menacés. Cette année, nous fermons trois classes dans le premier degré, une classe à l’école Monsabré dans la Vienne,  une classe à la Providence et une classe à Saint-Vincent-Brottier. Si nous devions rendre davantage pour les années passées, nous serions extrêmement embarrassés, et notre position consiste à dire que nous ne savons pas faire aujourd’hui."

Je reviens sur vos propositions, notamment réduire le temps d’enseignement… Est-ce que ça ne serait pas au détriment de la qualité de l’enseignement, justement ?
"Ces propositions doivent être étudiées avec beaucoup d’attention. Pour ce qui est de la qualité d’enseignement, un certain nombre d’études montrent que si on réduisait d’une heure la durée de l’enseignement sur l’ensemble des collégiens et des lycéens, ça permettrait de récupérer 13 000 postes au niveau national, et j’ai du mal à penser qu’en réduisant la scolarité d’une heure par semaine, on mette en péril les connaissances des élèves."

Mais faut-il absolument maintenir le nombre d’enseignants ?
"Dans les propositions qui sont à étudier, il y aurait de fait une baisse du nombre d’enseignants, puisqu’il y a moins d’heures d’enseignement. C’est-à-dire qu’il y a moyen de réaliser un certain nombre d’économies en réorganisant les choses."

Donc ça n’est pas forcément une question de gros sous ?
"Je pense que l’Etat veut faire des économies, et ça, je n’ai pas personnellement à me prononcer. Il y a certainement une question d’économies financières à faire, mais ce que nous disons, c’est que la manière de les faire n’est pas forcément la plus évidente, de supprimer des classes par exemple."

Cécile Dubois

Vendredi 22 avril 2011
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