Les élus de Montrichard et de quatre communes environnantes, ainsi que des associations locales, se sont retrouvés jeudi pour nettoyer une partie du Cher, autour du pont de Montrichard.
L’objectif : arracher les jussies qui prolifèrent dans l’eau. Ces algues sont en effet de plus en plus présentes du fait de la baisse du niveau du Cher. Une vingtaine de personnes était donc réunie en tenues de travail : bottes aux pieds, et râteaux à la main pour arracher les racines et ainsi empêcher la repousse des plantes. Une opération symbolique, sur un périmètre réduit autour du pont du Montrichard, pour alerter les autorités sur les risques liés au développement néfastes des algues dans le Cher.
« Les jussies et les autres algues sont dangereuses quand elles se détachent, elles se mettent devant les barrages. C’est comme ca que le barrage de Chisseau a été abîmé » explique le maire de Montrichard, Patrick Maupu, à l’origine de cette initiative. Mais les risques ne concernent pas seulement les constructions. L’écologie est en ligne de mire des élus. « Avec un Cher sauvage, il y a un risque sanitaire. A partir du moment où l’eau baisse beaucoup, les algues pourrissent. Les insectes et animaux nuisibles peuvent ensuite venir dedans. Et puis le risque est aussi écologique. Une prolifération des algues entrainerait un étouffement de la rivière. »
L’aspect économique est aussi évoqué. Un Cher rempli d’algues est en effet peu attrayant pour les touristes présents dans la vallée du Cher durant l’été. A l’heure actuelle la qualité de l’eau est bonne sur Montrichard, pour preuve les travailleurs ont trouvé des écrevisses au milieu des jussies.
Mais d’où provient cette hausse des algues dans le Cher ? Le faible niveau d’eau est en partie responsable. Un niveau lié au fait que la plupart des barrages du secteur ne sont pas relevés à cette période de l’année. Autre facteur : la clarté de l’eau (en raison des améliorations de l’épuration) . Ces deux facteurs combinés aux rayons ultraviolets du soleil permettent aux algues de se développer. La solution entrevue : remonter les barrages sur des périodes plus longues.
En attendant jeudi plusieurs centaines de kilos de jussies ont été arrachées du Cher, et le résultat est visible. Les bords du Cher sont plus accueillants pour les promeneurs.
Audrey Hudebine
25 juin 2009