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Podcast Blog de Pascal Gaultier C'est à vous direct
Loading Christian Sallé, à la chasse à l'ascalaphe !
A LA CHASSE À L'ASCALAPHE DANS LA RÉSERVE DE GRAND-PIERRE ET VITAIN !
Depuis le début de l'été, Christian Sallé mène un travail de suivi scientifique sur l'ascalaphe, une sorte de papillon très rare dans la région, au sein de la Réserve naturelle de Marolles.

Libelloides longicornis : en latin, le petit nom de l'ascalaphe signifie "libellule à longues cornes". "Il s'agit en fait d'un insecte", explique Christian Sallé, professeur de biologie. "Sa forme est intermédiaire, entre le papillon et la libellule."
"Très bel insecte"
, selon Christian Sallé, l'ascalaphe est surtout une espèce rare dans la région.

"J'ai été chargé du suivi de cette espèce patrimoniale, au sein de la réserve naturelle des vallées de Grand Pierre et Vitain", détaille le scientifique. Cette réserve naturelle est connue pour sa grande diversité en matière d'insectes. "On y trouve énormément de papillons, de criquets et de sauterelles, surtout au niveau des pelouses calcicoles, c'est-à-dire les pelouses sèches."

Premier travail demandé à Christian Sallé : déterminer la présence d'une ou deux espèces d'ascalaphe. "Travail relativement simple : soit en les observant, soit en les capturant, on peut regarder sur leur ailes le dessin qui permet de déterminer à quel type d'espèce appartient l'insecte." Verdict du professeur : "Pour l'instant je n'ai vu qu'une seule espèce."

Une chasse ardue !

Les ailes de l'ascalaphe sont en partie transparentes, mais on peut y observer des marques jaunes et noires.Mais les choses se corsent, quand il s'agit d'estimer la population de ces insectes. Pour cela, trois étapes : une première capture, après laquelle les insectes sont marqués, puis une seconde capture le lendemain. Il suffit alors de compter le nombre d'insectes déjà marqués pour avoir, après un rapide calcul, une estimation de la population. "Ce travail, qui se présentait bien sur le papier, a présenté quelques problèmes pratiques !" avoue Christian Sallé.

"Les ascalaphes peuvent volent très rapidement en fonction de la température de l'air. Si la capture est faite trop tard, les insectes deviennent très actifs et impossibles à attraper. Mais plus tôt, ils sont cachés dans l'herbe et impossible à repérer."
Sur l'ensemble de la saison le scientifique n'a donc pu capturer qu'entre 20 et 30 insectes, chiffre trop faible pour pouvoir réaliser une estimation significative de la population d'ascalaphes au sein de la Réserve. "J'ai quand même une petite idée de la population, environ une cinquantaine d'insectes, mais il faudra vérifier ces valeurs l'année prochaine."

Une espèce et un milieu à préserver

Une cinquantaine d'insectes seulement dans la Réserve : ce chiffre montre bien que cette "chasse aux papillons" n'a rien d'anodine. Il s'agit aussi de préserver une espèce peu présente dans nos régions, menacée par la disparition de son milieu naturel. "Il est maintenant très rare de trouver des pelouses calcicoles sans traitement et sans fauche. C'est un système en cascade : le fait de détruire le milieu va faire disparaître les insectes qui consomment cette verdure, puis enfin les prédateurs de ces mêmes-insectes. On finit en fait par détruire toute la chaîne alimentaire."

C'est d'ailleurs pour cette raison que l'ascalaphe est précieux au sein de la Réserve. "En tant que prédateur, c'est un indicateur du bon état de biodiversité de la réserve. Si la population de cet insecte est abondante, cela signifie que tout ce qui se trouve en amont l'est aussi."

Michèle Colombel

28 juillet 2009

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