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Depuis 1973, le fondateur du festival de Montoire porte cet événement à bout de bras, même si aujourd'hui il songe à passer le relais. Interview.
Plus FM : Le festival des folklores du monde de Montoire est un des événements majeurs de l'été culturel en Loir-et-Cher. D'ores et déjà, peut-on parler d'un succès annoncé?
Jean-François Proux : Oui, je le crois, en tout cas, c'est ce que l'on dit tous les ans, mais cela se vérifie quelle que soit la qualité et la diversité du programme. Le "gala panorama" du jeudi est déjà complet et deux autres soirées s'annoncent chargées.
Qu'est-ce qui fait le succès de ce festival chaque année?
C'est un festival qui a une âme. Les groupes programmés disposent de temps et de liberté pour s'imprégner de la vie locale. De plus, il y a une réelle communion entre les artistes et les spectateurs. Cependant, j'aimerais que l'implication des habitants de Montoire soit plus forte. Certains commerçants décorent leurs magasins et essayent de créer des événements. Il faut continuer dans ce sens afin que les montoiriens s'approprient davantage ce festival.
Au regard de la programmation 2010, Montoire sera encore un carrefour des cultures du monde...
Tout à fait. Nous nous efforçons de proposer une palette très large avec des groupes de pays qui ne sont jamais venus à Montoire. Cette année, c'est le cas du Burundi et la Mongolie chinoise. Nous accueillons également des troupes européennes venues de Hongrie, d'Andalousie, d'Ukraine, de République Tchèque et même d'Ossétie dans le cadre de l'année de la Russie en France. Le continent africain sera aussi représenté par le Rwanda et l'Amérique du Sud par le Pérou.
Certains festivals relèvent quelques difficultés pour remplir leur jauge. Comment cela s'annonce t-il pour vous?
C'est vrai que cela se complique, car il faut croire que le contexte n'est pas propice à développer ce genre d'événement. Malgré tout, nous avons déjà 7 500 réservations, soit les 3/4 de nos capacités d'accueil. Nous constatons aussi que les gens se décident à se rendre à un spectacle à la dernière minute.
L'argent public se raréfie. Comment faites-vous face?
(Sourire) Nous sommes un peu à contre-courant. Nous avions une subvention de la Région de 3 000 euros, soit 0,8% de notre budget qui s'élève à 350 000 euros. Cette année, elle a bondit de 50% pour atteindre 1,7%! En réalité, nous fonctionnons en autofinancement. Cette volonté de ne pas dépendre des subsides publics nous anime depuis le début. Ce n'est pas notre état d'esprit, et tant que nous pourrons nous en passer, ce sera bien.
Depuis 1973, c'est vous qui incarnez ce festival. Vous songez à passer le relais?
Oui, depuis l'année dernière. Nous avons embauché une jeune femme pour la former afin qu'elle puisse assumer la direction artistique, l'organisation et la communication. Encore faut-il que cela lui plaise, qu'elle soit acceptée. La volonté et l'enthousiasme est là. Ma décision de passer le témoin est de toute façon irréversible, mais cela se prépare. Nous nous donnons encore quelques années pour faire un bout de chemin ensemble. En tout cas, il n'est pas question que le festival s'éteingne avec moi!
Propos recueillis par Nicolas Terrien
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