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Au bout d'une heure de session plénière, les neuf élus du groupe Socialiste et Républicain ont quitté la salle. La gauche a peu goûté les propos de Claude Beauflis, le nouveau chef de file du groupe UPLC (Majorité).
"Cela suffit, j'en ai assez entendu!" Par ce coup de sang, Jeanny Lorgeoux (Romorantin Nord) se lève et quitte précipitamment la salle. Après un court moment de flottement, Le président du groupe, Gilles Clément (Bracieux) lui emboîte le pas, suivi par Michel Fromet (Blois II), Marc Gricourt (Blois IV), puis des cinq autres Conseillers généraux socialistes. Par cet acte, le groupe de gauche a tenu à marquer sa vive protestation quant aux propos tenus par Claude Beaufils, le nouveau président du groupe de la majorité UPLC.
"La campagne a été rude, faite de petits arrangements entre le Parti Socialiste et le Modem pour tenter de battre notre majorité", indique Claude Beaufils dans son intervention, en soulignant "qu'on ne peut pas tout se permettre dans une campagne électorale" et que "les électeurs n'ont pas été dupes d'une opposition nerveuse et agressive maniant indifféremment inexactitudes, approximations et procès d'intention que notre groupe ne peut cautionner".
Le porte-parole de la Majorité a également pointé du doigt une déclaration du maire de Blois, Marc Gricourt, sur l'antenne de Plus FM le 12 mars qui évoquait des pressions subies par une employée du Conseil général suite à un engagement associatif dans sa ville. "C'est une conception du débat politique consistant à semer le doute par tous les moyens, avec pour principe de fond "Calomniez! Calomniez! Il en restera toujours quelque-chose", ce sont des accusations trop graves pour être aussi vagues et elles doivent être précisées au plus vite". La suite, les socialistes ne l'ont pas entendu. Ils étaient en train de quitter la salle lorsque Claude Beaufils poursuivait son intervention, "maintenant que c'est dit, travaillons ensemble, mais de bonne foi..."
Florilège de réactions
Gilles Clément, président du groupe Socialiste et Républicain : "Ce sont des propos diffamatoires que le président du groupe UPLC a formulé à notre encontre, c'est insupportable! Plusieurs collègues ont été visés! Si le président est resté digne dans son intervention, les propos télécommandés du président de groupe UMP sont inacceptables! Claquer la porte permet de faire comprendre que nous ne pouvons pas supporter tout et n'importe-quoi! Nous attendons des signes avant de la rouvrir".
Maurice Leroy, président du Conseil général : "Je n'ai pas compris l'attitude du groupe Socialiste et Républicain, car moi, je n'ai pas vu la Majorité Départementale quitter l'hémicycle lorsque Gilles Clément a, dans son propos, mis en cause gravement la Majorité Présidentielle en disant qu'elle porte atteinte aux valeurs de la République. On en prend plein la tronche, mais on reste zen! Je ne comprends pas cet excès d'énervement! Mauvais joueurs, mauvais perdants? Ils feraient mieux de tirer les leçons de ces élections".
Claude Beaufils, président du groupe UPLC : "Je suis désolé qu'ils aient quitté la salle. Il s'agissait simplement d'une mise au point après une campagne très dure sur certains cantons où certaines attaques méritaient quelques éclaircissements. Mon intervention, c'est la voix moyenne qui a été trouvée lors de la réunion du groupe. Après ce point sur les sujets qui fâchent, je les invitent à ce que nous travaillons tous ensemble."
Michel Fromet (PS, Blois II) : "Le président prononce un discours ouvert avec des propositions, et par derrière, il fait monter au front son "artilleur en chef" de l'UMP pour faire un véritable discours de campagne électorale parsemé de propos démagogiques et mensongers. C'est inacceptable!"
Marc Gricourt (PS, Blois IV, au sujet "des pressions sur une fonctionnaire") : "Je confirme ce qui m'a été rapporté par une fonctionnaire territoriale du Conseil général. Du moment où elle fait le choix d'un engagement citoyen dans la ville, sa direction lui a fait remarquer qu'elle était très embêtée puisque c'était sur le canton de Marc Gricourt! Il ne faut pas tout confondre. Pour moi, ceci est caractéristique du fonctionnement que l'on connaît ici. En tout cas, c'est à la direction concernée de reconnaître ces faits auprès du Conseil général".
Marie-Hélène Millet (Modem, Blois I) : "L'intervention de Claude Beaufils a été très dure et je pense que les socialistes se sont sentis attaqués très fortement. Dans mon discours, j'ai bien dit qu'une fois que les tensions de la campagne seront apaisées, il fallait que l'on travaille dans un certain consensus, mais visiblement, les tensions sont toujours là! C'est dommage que la campagne ait continué à peser et à agir aujourd'hui".
Jean-Luc Brault (Sans Etiquette, Contres) : "Je suis désolé de voir se dérouler des événements comme celui-ci. Nous devons travailler ensemble pour le Département, et je trouve dommage que le comportement des uns et des autres ne soit pas à la hauteur des enjeux. On doit se serrer les coudes!"
Patrice Martin-Lalande (Lamotte-Beuvron, UPLC) : " C'est triste! Visiblement, Jeanny Lorgeoux a mal vécu la défaite de Michel Guimonet sur Romorantin Sud et le fait que Jean-Louis Marchenoir veuille travailler avec la Majorité Départementale en restant indépendant. Malgré cette réaction nerveuse et mal maîtrisée de nos amis socialistes, je souhaite qu'ils reviennent rapidement et que nous nous remettions au travail dans une ambiance normale".
Propos recueillis par Nicolas Terrien
© 2011