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Le Conseil municipal de Blois s'est réuni lundi soir autour de 70 délibérations. A l'ordre du jour, le quartier gare, la relocalisation de l'AAJB, la carte scolaire, la fiscalité, la préemption du site de Québécor, le stationnement...
Vers un remaniement à mi-mandat
En fin de Conseil, Marc Gricourt a prononcé une intervention solennelle. Après s'être félicité de l'ambiance qui règne depuis trois ans au sein de son Conseil municipal, le maire a affirmé sa volonté de "faire bouger les lignes". Explications. "Certains élu(e)s m'ont fait part de leur souhait de voir leur délégation et leurs missions allégées, d'autres d'avoir plus ou des responsabilités différentes".
"Il ne faut pas s'interdire de modifier, de repréciser des délégations et de favoriser ainsi la remise en question nécessaire de chacune et chacun pour la poursuite d'une bonne action collective, poursuit Marc Gricourt, cela ne remet pas en cause l'implication des uns et des autres depuis trois ans, tout cela doit se faire tranquillement, sereinement et dans la transparence". Pour le moment, aucune précision n'est apportée sur l'ampleur de ce réajustement à mi-mandat. Marc Gricourt proposera ses arbitrages lors du prochain Conseil municipal programmé le 16 mai prochain.
Le site de Québécor bientôt préempté par Agglopolys
Cette délibération s'est ajoutée à l'ordre du jour au dernier moment. La Ville vient de décider de déléguer son droit de préemption urbain sur l'ensemble immobilier de Québécor à Agglopolys, compétent en matière de développement économique. "L'Agglomération travaille sur la question du réaménagement des friches industriels, et ce dossier est stratégique, explique Michel Fromet, vice-président chargé du développement économique à la Communauté d'Agglomération, nous comptons faire jouer notre droit de préemption avant le 14 mai et acquérir ce site pour 800 000 euros".
L'Agglo souhaite redonner une vocation industrielle ou de service à ce site de six hectares stratégique entre l'avenue de Vendôme et le rue Alexandre Vezin. Pas question d'y voir s'installer une ou des activités commerciales et de voir se reproduire l'épisode Lithotech (un terrain vendu aux enchères à un prix trop important pour l'Agglo puisse l'acquérir). "C'est une sage décision que nous attendions", salue Jacques Chauvin (opposition).
Quartier gare : le projet urbain s'affine
L'appel d'offre portant sur le marché de définition des îlots est et ouest de la gare est remporté par le cabinet GERME & JAM, même si les élus ont retenu quelques préconisations de CITE ARCHITECTURE sur la partie ouest. "Il s'agit ici d'un marché de définition dont le but était de travailler sur une ambiance de quartier", précise Marc Gricourt. "L'ambiance" prévoit 40 000 m2 de construction, la création d'une voirie nord/sud, des connexions facilitées avec le centre-ville et la définition d'un plan de circulation.
Sur le secteur ouest, la vocation économique à dominante tertiaire est privilégiée avec des possibilités de stationnement en lien avec la gare. Le parvis de cette dernière sera réaménagé pour fluidifier son accès au regard des exigences en terme d'intermodalité des transports. L'avenue Jean Laigret devra rester un trait d'union avec le centre-ville et les modes de transports doux y seront privilégiés. Le secteur Jean Moulin/Sernam devra accueillir les équipements publics (l'école d'art?), des activités tertiaires à proximité des voies ferrées et un programme de logements. "A présent, nous allons lancer des études plus précises, indique le maire, et un nouvel appel d'offre sera lancé".
Voeu autour de la carte de scolaire
Les élus ont adopté le texte remis sur table en début de conseil. A Blois, deux fermetures de classes sont annoncées (élémentaires Jules Ferry et Marcel Buhler) et deux classes ouvertes à la rentrée dernière ne seront pas régularisées (élémentaire Parodi et maternelle Clérancerie). Cinq ouvertures sont néanmoins prévues (notamment deux régularisations et l'ouverture de la classe de CE2 à horaires aménagés musique à Marguerite Audoux). Les écoles Croix Chevalier et Mandela devraient fusionner avec la mise en place d'une direction unique.
"Au total, le compte n'y est pas et les risques de maintenir, voire d'augmenter les disparités d'effectifs par classe selon les écoles demeurent, explique Marc Gricourt, de plus, ces mesures ne tiennent pas suffisamment compte du travail engagé par la ville depuis 2010 pour redéfinir les secteurs et contribuer à une meilleure répartition à long terme des effectifs scolaires". Le voeu a été adopté à l'unanimité des élus.
Fiscalité : + 4% en 2011
Le débat budgétaire avait laissé entendre une hausse de la fiscalité directe située entre 4 et 6%. Après la réception de la notification des bases de la part des services fiscaux, la municipalité s'est finalement accordée sur une augmentation de 4% des trois taxes (taxe d'habitation : 20,37%, foncier bâti : 33,30% et foncier non bâti : 45,91%).
"Si les paramètres et les règles du jeu ne changent pas en cours de route, ce sera la dernière augmentation de la mandature", promet Marc Gricourt après deux années de hausses successives. "Permettez-moi d'en douter, ces deux vagues d'augmentation interviennent malgré les efforts louables qui ont été faits, mais cela n'a pas suffi" réagit Jacques Chauvin, dont le groupe d'opposition "UMP et apparentés" s'est prononcé contre cette décision. De son côté, le maire pointe un manque de retour d'Etat de 410 000 euros en 2010, une perte d'habitants depuis 10 ans et une baisse des bases en valeur absolue. "Cette année encore, cette hausse nous permet d'équilibrer notre budget".
Malgré cela, 4 000 foyers situés sous la barre des 10 000 euros pourront bénéficier du dispositif d'abattement spécifique voté en 2010 et qui entre en vigueur cette année. Sur cette base, "pour la taxe d'habitation, cet abattement de 5% permettra à un célibataire de payer 4 euros de plus au lieu de 32, et pour un couple avec deux enfants de payer deux euros de moins au lieu de 25 euros de plus!" indique Marc Gricourt.
Nouvelle subvention pour l'AAJB
Le dossier de la relocalisation des installations de l'AAJB Omnisport de la Levée des Pingres vers la zone "le Bas des Hauts Champs" se poursuit avec le versement du solde de la subvention d'équipement, soit 150 000 euros. Ainsi, 250 000 euros ont été octroyés à l'association. "Nous sommes la seule collectivité à avoir versé cette subvention, nous tenons nos engagements!" commente Marc Gricourt. "Je vous en donne quitus, a immédiatement réagit Jacques Chauvin, le porte-parole du groupe d'opposition, et par ailleurs président de l'AAJB, nous attendons encore des signes du côté du CNDS, du Conseil général et du Conseil régional, en attendant, les travaux sont stoppés!"
De plus, la Ville cède à l'AAJB un terrain de 43 295 m2 face au futur centre nautique d'Agglopolys pour près de 33 000 euros. Y seront construits les équipements suivants : des courts de tennis extérieurs et couverts, un vélodrome, deux terrains de beach volley, des terrains de boules et un terrain de football et des bâtiments pour les bureaux, les vestiaires et le club house. "C'est un équipement structurant dont le rayonnement va bien au-delà de la ville", indique le maire. Avec l'ouverture prochaine du centre nautique, il s'agira d'un véritable pôle sportif sur la rive gauche de la ville.
"C'est un projet gagnant-gagnant entre un club, son président et sa ville", salue Jacques Chauvin, qui, bien sûr, n'a pas participé au vote. "Mr Chauvin nous gratifie de citations de Ségolène Royal", relève Marc Gricourt, mais "si j'avais ma carte au PS, je ne serais pas Ségolène Royal", assure le chargé de mission départemental de l'UMP.
Retour en régie directe du stationnement de surface
Le principe de la création d'un budget annexe "stationnement payant" a été adopté hier par la majorité. "A part au détour d'une réunion publique, nous n'avons jamais entendu parler de cette décision, cela montre t-il les limites de la concertation?" interroge Jacques Chauvin. La gestion des parkings de surface et souterrains font l'objet de deux contrats distincts. "Le premier contrat arrive à terme et nous avons informé le délégataire de notre volonté de cesser, indique Marc Gricourt, nous n'avons reçu aucune réaction de sa part", ce qui laisse l'opposant pensif. "Cela représenterait entre 800 000 et un million d'euros de manque à gagner, c'est étonnant!"
"Evidemment, nous avons engagé une réflexion en matière de stationnement, car nous souhaitons mieux le maîtriser, poursuit le maire, d'ailleurs, nous allons embaucher un nouvel ASVP (agent de voie publique chargé de verbaliser, ndlr), ce qui portera à six leur nombre sur la ville". Le sujet sera plus précisément abordé le 16 mai prochain, date du prochain Conseil municipal.
22 délibérations présentées d'une seule traite!
C'est la performance signée Laurianne Delaporte, adjointe au maire chargée du logement. Un record? Il s'agissait d'avaliser une série de garanties d'emprunt pour des projets de construction, de réhabilitation ou de résidentialisation pour des bailleurs sociaux auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations.
"Toutes ces garanties entrent dans le cadre du Projet de rénovation urbaine", précise l'élue qui en a profité pour faire un point sur la capacité de la ville à garantir. "Si nous n'avons pas de provisions proprement dites, cette capacité s'élève à 50% des recettes réelles de fonctionnement, soit 38 millions d'euros".
Nucléaire : la Ville se positionne
C'est sous la forme d'un voeu que la Municipalité a décidé de se positionner sur cette épineuse question, suite évidemment à l'accident de Fukushima au Japon. "Le Conseil municipal de Blois soutient l'idée d'un audit approfondi des installations nucléaires françaises dans les meilleurs délais et demande dès maintenant un moratoire sur le développement de l'EPR", précise le rapport présenté aux élus. La ville émet également le souhait qu'un débat soit engagé à brève échéance sur l'évolution des modes de production d'électricité en France. "D'autres méthodes de productions existent désormais".
"Nous soutenons ce voeu, même s'il ne correspond pas à notre position sur la question, indique François Thiollet (EELV), nous préconisons la sortie du nucléaire, il faut sortir de cette folie". Jean-Marie Cochereau (PCF) salue "un voeu ouvert, qui ne ferme pas le débat sur cette question". La tonalité varie peu dans l'opposition. Véronique Reineau souligne "un appel à la transparence", même si Jean-Claude Derré s'interroge sur le démarche : "Quel sens, quel impact?" "Il s'agit d'alerter l'opinion par les médias et nous remettrons ce voeu aux autorités de tutelle, explique Marc Gricourt, il traduit une préoccupation générale et nous y portons un intérêt particulier". Au final, le voeu a été adopté à l'unanimité des élus du Conseil.
En parallèle, la Ville a voté le versement d'une aide exceptionnelle au profit du Japon, un mois jour pour jour après le puissant séisme suivi du terrible tsunami du 11 mars dernier. 1 500 euros vont être versés au Secours Populaire Français pour contribuer à l'aide en faveur des sinistrés. L'unanimité a de nouveau prévalu.
Nicolas Terrien
© 2011