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Les dissensions au sein de la majorité municipale aboutissent à une mise sous tutelle de la commune par la Chambre Régionale des Comptes. Les habitants devront-ils retourner aux urnes?
Saint-Laurent sous tutelle de la CRC, qui aurait pu imaginer cela, d'autant que les comptes de la ville sont sains? Cette situation est la conséquence d'une lente dégradation des relations entre le maire de la commune, Claude Guilleray, et une quinzaine de membres de sa majorité municipale. Cinq adjoints ont démissionné de leur délégation, dont Yves-Marie Hahusseau. "Depuis notre élection en 2008, nous avons rapidement constaté que les méthodes de gestion qu'entendait imposer le maire étaient en contradiction avec les valeurs de participation démocratique que nous pensions partager avec lui", explique ce dernier dans une lettre ouverte adressée à la population. C'est ainsi que près de 300 Saint-Laurentais(es) étaient invités à une réunion publique d'explication par les élus contestataires lundi soir.
"On n'a jamais vu cela à Saint-Laurent", s'étonne une habitante en écoutant attentivement les arguments des élus frondeurs quant au non vote du budget. "Le blocage de celui-ci était notre seul moyen de faire entendre fermement au maire nos positions et de lui signifier notre désaveu total de sa gestion de Saint-Laurent-Nouan". Absent lors de cette réunion, Claude Guilleray ne manque pas de réagir à ces attaques internes. "On peut toujours reprocher à un élu ses méthodes de gestion... Posez la question au personnel de la commune! De toute façon, on ne peut pas faire l'unanimité", indique le maire.
Claude Guilleray avoue avoir songé à démissionner de son mandat de maire, mais "après réflexion, il m'apparaît qu'une démission n'est légitime qu'en cas de force majeure, de raison personnelle ou de faute grave, donc, je ne démissionnerai pas!" De leur côté, les élus contestataires songent à quitter le Conseil municipal pour marquer leur désapprobation. "Le malaise est profond, explique Yves-Marie Hahusseau, nous allons en discuter pour en mesurer les conséquences pour Saint-Laurent".
La réunion de lundi soir était l'occasion de mesurer la portée de cette hypothèse auprès de la population. "Qu'ils démissionnent et que l'on retourne aux urnes", réagit un habitant à la sortie du Centre culturel Jean Moulin, où se tenait la réunion. "Les réactions que nous avons pu recueillir ce soir vont dans ce sens", reconnaît Yves-Marie Hahusseau. Même le maire se dit prêt à repasser devant les électeurs. "S'ils persistent dans leur obstruction, qu'ils démissionnent afin que puisse être organisée une nouvelle élection", indique Claude Guilleray. Reste à en mesurer les conséquences face à une opposition en embuscade occupée à compter les coups dans cette guerre fratricide. En tout cas, au sein du Conseil, le point de non-retour semble être franchi.
Nicolas Terrien
© 2011