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Les Conseillers généraux de Loir-et-Cher sont réunis en session plénière jusqu'à jeudi pour se prononcer sur le compte administratif 2010 et sur le budget supplémentaire.
Est-ce dû à l'arrivée officielle de l'été? La séance publique s'est ouverte mardi matin dans un climat à l'image de l'embellie ressentie sur le terrain économique. "Nous constatons des signes de reprise économique, mais ils ne doivent pas nous pousser à relâcher notre vigilance et notre rigueur", prévient Maurice Leroy. Au regard du compte administratif 2010, la situation financière du département s'oriente vers une amélioration certaine. "Il est vrai que la dette s'est alourdie, concède le président, nous avons dû emprunter quinze millions d'euros pour soutenir l'investissement, mais dans le même temps, notre niveau d'épargne s'est amélioré".
Dans la même dynamique, le budget supplémentaire reprend des couleurs. "Les recettes ont poursuivi leur remontée et nous permettent d'inscrire dix millions d'euros supplémentaires au budget". Les quatre millions de résultat de l'exercice précédent, ainsi que le million et demi d'impôts directs et les 4,7 millions du fonds de péréquation des droits de mutation seront fléchés sur l'investissement : l'entretien des routes (3,5 M), augmentation de la participation au capital de "Territoires & Développement" (1,5 M). Par ailleurs, quatre millions sont orientés vers la diminution de l'emprunt, "c'est presque l'équivalent de notre résultat de 2010", souligne Maurice Leroy.
Dans les rangs de l'opposition socialiste et républicaine, on trouve peu à redire sur la situation et les choix de la majorité. Son chef de file, Gilles Clément, salue même de "bonnes nouvelles". "Nous avons connu des budgets supplémentaires qui offraient bien moins de grain à moudre". Seule interrogation relevée dans l'opposition, le coût de la rénovation de la salle des délibérations et de l'aile ouest du cloître pour 980 000 euros. "Regardez comment est fichue cette salle", réagit Maurice Leroy, qui souhaiterais une salle aménagée pour recevoir 200 personnes, et accessible aux personnes à mobilité réduite. Le budget supplémentaire pour 2011 sera soumis au vote jeudi matin.
Agriculture : une aide départementale en cas de besoin
La sècheresse exceptionnelle de ces derniers mois frappe de plein fouet les agriculteurs, en particulier les éleveurs. "N'aurions-nous pas, en lien avec la Chambre d'agriculture, intérêt à mettre en place à notre niveau des aides d'urgence pour éviter que certains éleveurs ne soient obligés de vendre leurs animaux?" interroge Gilles Clément.
"Les représentants du monde agricole ne sont pas demandeurs d'une intervention d'urgence de notre part, indique Maurice Leroy, mais en cas de crise, nous serons prêt à intervenir, comme nous l'avons toujours fait", quitte à convoquer une session extraordinaire de l'assemblée départementale. "Un constat étonnant" pour Jeanny Lorgeoux (PS, Romorantin). "Ce n'est pas celui que je fais sur le terrain, je ressens une urgence et un étranglement des éleveurs et je suis surpris que les organisations professionnelles ne nous sollicitent pas".
Lors de son déplacement en Charente le 9 juin, le Président de la République a annoncé le déblocage d'un milliard d'euros d'interventions diverses. A la demande Jean-Marie Janssens (UPLC, Montrichard), le préfet de Loir-et-Cher a détaillé deux mesures : l'alimentation du bétail et la trésorerie des exploitations. "Le Gouvernement est mobilisé depuis plusieurs semaines, et ces dispositions sont déclinées en Loir-et-Cher, en concertation étroite avec la profession", explique Nicolas Basselier. Outre la chaîne de solidarité pour la paille et le foin pilotée par la Chambre d'agriculture, le dispositif de médiation du crédit a été réactivé, "ce qui permet un aménagement de la dette ou de reporter des échéances, les agriculteurs qui souhaitent en bénéficier doivent se faire connaître", indique le préfet.
Nicolas Terrien
© 2011