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Les cahiers d'acteurs destinés à nourrir le débat public autour de la ligne à grande vitesse Paris/Orléans/Clermont/Lyon sont édités par les collectivités en ce moment. L'union sacrée prévaut pour les tracés ouest, ou presque...
La Ville de Blois mardi soir, le Conseil général de Loir-et-Cher jeudi matin, Agglopolys le soir même... Les contributions au grand débat national autour du projet de doublement de la LGV Paris/Lyon sont votées au fil des séances des différentes collectivités. Ce sont bien les tracés ouest et ouest-sud que les élus appellent de leurs voeux à l'unanimité, ou presque. En effet, les écologistes sont vent debout pour dénoncer la pertinence du projet. "La LGV POCL est selon nous un mauvais choix d'investissement, car il creuse les écarts entre les territoires et les usagers, il favorise la privatisation des réseaux ferrés et son coût sera exorbitant", justifie Europe Ecologie/Les Verts Loir-et-Cher qui a édité son propre cahier d'acteur. Les écologistes souhaitent promouvoir les transports de proximité et réduire l'émission de gaz à effet de serre.
C'est précisément l'impact environnemental qui incite le maire socialiste de Lamotte-Beuvron à se positionner en défaveur des options ouest. "Cela infligerait une nouvelle coupure irrémédiable aux échanges de la faune sur ce territoire qui a déjà beaucoup donné", explique Alain Beignet en songeant à la RD 2020, la ligne Paris/Toulouse, les autoroutes A 85 et A 71... L'idée d'insérer la LGV entre la ligne actuelle et l'A 71 est jugée irréaliste par l'élu Solognot. "Une telle option risquerait de ruiner des sites naturels épargnés jusqu'à lors". De plus, Alain Beignet doute des retombées économiques dont la Sologne pourrait bénéficier avec la LGV. "Elles me semblent relativement limitées au regard des impacts négatifs sur le tourisme, la chasse et la sylviculture notamment".
Ce positionnement fait bondir son ante-prédécesseur à la mairie de Lamotte et actuel député UMP de la circonscription. "En Sologne, tout le monde est convaincu que nous avons tous à gagner à intégrer le réseau LGV, c'est un gage d'attractivité pour nous", commente Patrice Martin-Lalande. Le parlementaire, qui a animé une réunion publique sur le sujet à Nouan-le-Fuzelier mercredi, appelle néanmoins "à la vigilance dans cette zone sensible".
Malgré quelques voix discordantes, la perspective de la LGV à l'ouest semble faire consensus, au delà des clivages politiques. Jeudi matin, le Conseil général a adopté son cahier d'acteur à l'unanimité, "un oui unanime et enthousiaste", selon Maurice Leroy. Le ministre/président souhaite créer un mouvement avec la Région Auvergne "pour peser davantage, d'ailleurs, je prendrai des initiatives dans ce sens et j'interviendrai auprès de RFF en tant que ministre de la Ville". Dans les rangs socialistes, on souligne l'union qui prévaut dans ce dossier. "Nous avons raté le coche il y a 25 ans et si le choix se porte sur les tracés est ou médian, nous serions encore à côté de la plaque", appréhende Gilles Clément.
A Blois mardi soir, le conseil municipal a validé son propre document à l'unanimité, moins les voix des élus écologistes. "Il faut nous mobiliser pour que cette ligne puisse contribuer à une meilleure desserte de notre territoire! Il faut absolument que le tracé ouest soit retenu", déclare le maire de Blois, Marc Gricourt. De son côté, Bernard Valette a fait part de ses doutes. "C'est un marché de dupe qui se joue en ce moment, c'est le tracé est qui est déjà dans les tuyaux, la technostructure aura raison contre nous" a expliqué l'ancien maire de Blois, actuellement élu municipal et communautaire dans une intervention empreinte de pessimisme qui a jeté un froid jusque dans les rangs de la majorité et au maire : "Bernard se désespère un peu, si nous sommes engagés en politique, c'est pour nous battre!"
Enfin, c'était au tour d'Agglopolys de débattre du sujet jeudi soir dans la nouvelle salle Jorge Semprun de Blois. "C'est un élément très important pour le développement économique et pour l'attractivité du territoire d'une manière générale, à nous de saisir cette opportunité! Il ne faut pas finasser! Il faut peser!", commente Christophe Degruelle, le président d'Agglopolys, qui a appris à devenir méfiant envers la SNCF et RFF. "Il nous ont habitué à des engagements non tenus, j'attends avec vigilance".
Nicolas Terrien
© 2011