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La sémantique de l'asphyxie a dominé les débats financiers du Conseil départemental de Loir-et-Cher lundi matin. La collectivité prépare son budget 2017 avec des marges de manœuvre qui s'amenuisent encore, mais adopte son plan d'actions "Loir-et-Cher 2021".

"Notre Loir-et-Cher connaît une situation budgétaire dramatique qui aurait dû le contraindre, en toute logique comptable, à augmenter la fiscalité de 62% cette année", rappelle le président, Maurice Leroy. En mars dernier, le département s’est résolu à actionner ce levier à hauteur de 25% après 9 ans de trêve fiscale, ce qui a permis 18 M€ de rentrée en plus. "Cet effort ne doit pas être renouvelé", souhaite néanmoins Stéphane Baudu (Modem).

Sauf qu’entretemps, L’Etat vient de décider une revalorisation du RSA de 2% (840 000€ de dépenses supplémentaires pour la collectivité pour 15 000 bénéficiaires) et une diminution des ressources des départements par la ponction de la Dotation de Compensation de la Réforme de la Taxe Professionnelle (DCRTP), soit 1,4 M€ de perte pour le Loir-et-Cher. "Nous perdons 2,24 M€ sans concertation aucune et de manière totalement imprévue, indique Maurice Leroy, c’est beau la générosité avec l’argent des autres".

Une motion refusant ce "hold-up" sur la DCRTP émise par l’Assemblée des Départements de France a été adoptée par l’unanimité des élus lundi midi. Pour Philippe Sartori (Saint-Aignan), "c’est la fin programmée des départements ! Mais nous devrons intégrer cette nouvelle donne très défavorable à notre budget 2017", précise le rapporteur général du budget.

Evidemment, le Conseil départemental n’attend aucune inflexion de la part de l’Etat, et préfère se montrer combattif en lançant « Loir-et-Cher 2021, plan d’actions », un schéma qui définit les grands axes stratégiques et les engagements pour les cinq ans à venir. "C’est notre réponse à l’asphyxie financière des départements et à la désespérance ambiante", explique Maurice Leroy en avançant une devise, "simplification, mutualisation, innovation" et quatre grands engagements.

Par ce plan d’actions, le département s’engage notamment à sanctuariser 50 M€ d’investissements par an destinés aux grands travaux d’infrastructures (routes, collèges, bâtiments...), ainsi que le déploiement de la fibre optique dans les cinq ans. Pour se faire, le département devrait avoir recours à l’emprunt pour 30 M€ en 2017. L’accompagnement des bénéficiaires du RSA est également un axe important du cap fixé, notamment en créant une application dédiée, "Le bon job 41".

Le groupe Le Loir-et-Cher Autrement relève "un contexte d’embellie économique qui s’installe progressivement", comme l’indique sa présidente, Geneviève Baraban (Blois). Un optimisme également relayé par Michel Fromet (Blois). L’opposition a aussi apporté une série d’amendements sur le plan d’actions, tous intégrés et adoptés dans la feuille de route de la majorité pour cette mandature. "Vive ce bol d’oxygène", s’est exclamé Bernard Pillefer (Perche).

Par Nicolas Terrien | Publié le 17/10/2016

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