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Quarante personnes pour l'un, soixante-dix pour l'autre : les opposants au nucléaire et le monde de l'éducation étaient dans les rues de Blois samedi.
Le premier rassemblement, à l’initiative du Réseau Sortir du Nucléaire, a réuni une quarantaine de personnes au pied des escaliers du Château, au centre du marché.
Des personnes venues à la fois rendre hommage aux victimes japonaises, mais aussi informer la population des risques nucléaires. "En raison d'un lobbying nucléaire très puissant en France, nous sommes assez peu informés des véritables risques", estime Emmanuelle Somer, porte-parole départementale du réseau Sortir du Nucléaire. "Nous avons par exemple appris que le nuage radioactif en provenance de Fukushima a atteint la Californie vendredi soir, et devrait arriver au-dessus de l’Europe d’ici à une dizaine de jours. Personne n'en parle !"
Une catastrophe nucléaire dont le réseau estime l’impact supérieur à celui de Tchernobyl.
Suite à l’action de samedi, Sortir du nucléaire organise d’ailleurs une réunion publique jeudi 24 mars au bar Le Liber thés, en Blois-Vienne, sur les risques nucléaires.
L'Education nationale mobilisée
Deuxième rassemblement, au chapitre éducation celui-ci : à l’appel du collectif « Une école, votre avenir », fédérations de parents d’élèves et syndicats enseignants se sont retrouvés devant la préfecture de Blois pour protester contre les suppressions de poste annoncées à la rentrée prochaine dans l’Education Nationale.
Les manifestants étaient environ 70. Parmi eux, Didier Nevoux, vice-président du conseil local de la FCPE du collège Marcel Carné de Vineuil. Un collège dans lequel on prévoit 3,5 postes d’enseignants en moins à la rentrée. Résultat : certains enseignements obligatoires ne pourraient plus, en théorie, être assurés. "C'est une situation aberrante", commente Didier, "certaines classes compteront 28 élèves. Or certaines salles du collège ne peuvent même pas accueillir une telle capacité !" Autre inquiétude : "la suppression des heures de soutien, notamment en mathématiques."
Opération collège mort à Vineuil
Afin de protester contre ces suppressions de poste, le collège Marcel Carné met donc en place à son tour une opération "collège mort", programmée vendredi 25 mars, et pour laquelle fédérations de parents et syndicats enseignants se sont unis pour un impact maximum.
Dans le premier degré, le projet de carte scolaire sera connu le 28 mars, au lendemain du second tour des cantonales, mais on sait déjà que plusieurs dizaines de postes devraient être supprimés, "une soixantaine",
selon les syndicats. Les enseignants, déjà mobilisés depuis de nombreuses semaines, sauront alors enfin si leurs craintes étaient justifiées.
Juste en face de la place de la République, le dernier rassemblement de la matinée, quant à lui, avait un caractère plus solennel : élus et fédérations d'anciens combattants ont commémoré le 49e anniversaire des accords d'Evian, qui avaient mis fin à la guerre d'Algérie le 19 mars 1962. Et finalement, c'est bien ici qu'il y avait le plus de monde samedi matin.
Michèle Colombel
© 2011