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Après les fermetures des accueils de jour de Vendôme et Romorantin en début d'année, c'est au tour de celui de Blois de subir le même sort dès vendredi soir.
Depuis le début de l’année, les accueils de jour situés à Vendôme et à Romorantin ont fermé leurs portes... Demain soir, ce sera au tour de celui basé rue de la Mare à Blois. Cela fait plusieurs années que l’association Ariane a ouvert ce lieu, baptisé le « Fil ouvert » pour les personnes en situation de précarité, sans domicile, bénéficiaire du RSA ou en manque de lien social. Depuis la réforme du RMI/RSA en 2009, l’association avait déjà été contrainte de réduire la voilure et de mettre fin à ses activités d’insertion professionnelle. Aujourd’hui, c’est l’ouverture du lieu elle-même qui est remise en cause. La raison : l’absence de financement de la part du Conseil général de Loir-et-Cher, qui participait largement au maintien de l’activité. "Aujourd’hui, l’association se retrouve en cessation de paiement, explique Yvette Soriano, présidente d’Ariane et directrice du Fil ouvert. Nous avions des financements de l’Etat, de la Fondation Abbé Pierre, de la Mairie de Blois et du Conseil général (NDLR : au travers d'un marché public) ; aujourd’hui, nous n’avons plus ce dernier qui représentait environ la moitié du financement du lieu d’accueil de Blois". *cf ci-après Les précisions apportées par le Conseil général
"Un centre d'amitié et de remise en confiance"
Depuis son ouverture en 2007, 800 personnes sont passées au Fil ouvert à Blois, lieu de rencontre et de solidarité, mais aussi d’aides pour différentes démarches administratives. Armand, autrefois bénéficiaire du RMI, s’y est rendu pendant plus de 2 ans et y a trouvé plus qu’un simple accompagnement : "J’ai été accompagné, aidé, poussé, boosté aussi. On nous aide lorsque l’on en a besoin, mais je vois ce lieu davantage comme un centre d’amitié et de remise en confiance. Et pour moi, cela a marché car j’ai trouvé du travail et je me suis ouvert aux autres". Patrick, lui, vient depuis 2 ans : "J’étais SDF et j’ai connu Ariane grâce au 115. Je rencontre pas mal de monde, on peut y faire nos démarches et grâce à l’association j’ai trouvé un appartement et je cherche du travail". Depuis le début de l’année 2011, 160 personnes se sont rendues à l’accueil de jour et 23 % d’entre elles sont sans domicile.
En 2008, Ariane employait 19 salariés sur les 3 lieux, à temps plein ou temps partiel. Aujourd’hui, il ne reste plus que 4 travailleurs sociaux, dont des éducateurs et une assistante sociale, ainsi qu’une secrétaire et une femme de ménage. Autant d’emplois qui sont menacés aujourd’hui.
Mais sans financements supplémentaires, le sort du Fil ouvert semble scellé. L’association attend désormais les décisions qui devraient être prises d’ici peu par le Tribunal de Grande Instance. Elle devra ensuite envisager d’autres modes de financement, voire de fonctionnement, pour espérer ré-ouvrir le Fil Ouvert.
Cindy Anjorand
*Suite à la parution de notre article en date du 6 juillet 2011, le Conseil Général de Loir-et-Cher a tenu a apporter les précisions suivantes : « Le Conseil général n’attribue pas de subvention à l’association ARIANE. En 2008, l’association a été retenue par la Conseil général dans le cadre d’un marché public avec appel d’offres, comme prestataire de services pour le Département. Or, ayant des difficultés à rendre des comptes-rendus de ses actions et de sa gestion financière, elle s’est mise en difficulté, ayant recours à des emprunts de trésorerie coûteux. En 2011, le contrat arrivant à son terme, le Conseil général a lancé à un nouveau marché d’appel d’offres pour la mise en place d’actions adaptées envers les publics bénéficiaires du RSA. Les candidats devaient répondre à un cahier des charges précis, avec une gestion permettant d’assurer la pérennité de leurs actions. Malheureusement, l’association ARIANE n’a pas pu remplir les conditions demandées dans le cahier des charges, et n’a donc pu être retenu pour ce nouvel appel d’offre ». Monique Gibotteau, vice-présidente du Conseil général en charge des solidarités et de l’action sociale.
© 2011