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Podcast Blog de Pascal Gaultier C'est à vous direct
Loading Aucune obligation, pour les restaurateurs. La baisse des prix, c'est donc à la carte !
TVA : L'AUBERGE ESPAGNOLE
La baisse de la TVA dans la restauration est entrée en vigueur ce mercredi. Des consignes ont été données pour baisser les prix, mais pour les professionnels, aucune obligation : on répercute...à la carte !

Bars, restaurants, brasseries et discothèques : tous sont concernés par cette baisse attendue de la TVA, qui passe de 19,6% à 5,5%. Le «contrat d’avenir», conclu le 29 avril entre les professionnels de la restauratioet le gouvernement, qui prévoit une baisse de 11,8 % sur au moins sept des dix types de plats suivants : entrée, plat chaud, plat du jour, dessert, menu entrée-plat, menu plat-dessert, menu enfant, jus de fruits ou soda, eau minérale et café, thé ou infusion.

Les restaurateurs sont toutefois libres de respecter cet accord...ou pas. Alors chacun répercute cette baisse à sa manière. 
Côté café, Joël Jumert, le patron du bar de l'Agriculture, à Blois, a baissé le prix du "petit noir" de 20 centimes. Idem pour le plat du jour ou les boissons non-alcoolisées. "On a fait tout ça dans la nuit", raconte-t-il. "C'est assez compliqué, car il faut adapter la caisse pour les deux TVA, et il a fallu changer toutes nos cartes." En revanche, pas d'embauche, ni de hausse des salaires à l'horizon, "d'autant plus que le SMIC augmente, aujourd'hui !"

Cartes à changer, prix à modifier : la plupart des changements ont été faits dans la nuit.Juste à côté, la brasserie "Le Bistrot du Boucher" fait elle partie d'une chaîne nationale, qui a choisi d'appliquer la baisse sur ses produits-phares, comme le menu du jour, servi uniquement le midi, dont le prix baisse de deux euros. Comme chez le voisin, pour Tony Billard, son gérant, "la nuit a été courte !", entre les changements de carte et les adaptations en caisse. Autre casse-tête : les menus proposant une carafe ou 1/4 de vin. "Nous avons scindé ce menu en deux : nous le proposons maintenant d'un côté sans alcool, à 23 euros, et de l'autre avec alcool, pour 26 euros."

Malgré ces baisses affichées par les professionnels, en terrasse, les clients s'avouent un peu déçus. "1,20 euro le café...c'est ce que je payais avant!" note une habituée. Plus loin, la baisse a tout de même été remarquée, avec un expresso à 0,97 cents : record à battre ! A la table voisine, on épluche l'addition. Résultat : "TVA à 19,6%, pour un cappucino ! Vous voyez : ça n'est pas appliqué !"
Et si les clients se montrent peu convaincus, certains restaurateurs doutent également que cette mesure fasse augmenter la clientèle. "J'aimerais bien, mais ça m'étonnerait !" confie Daphnée Boussard, co-gérante du restaurant Le Médicis, à Blois. 

Pour cet établissement haut de gamme, la baisse des prix a été généralisée. "12% en moins sur huit des dix produits recommandés par la profession", explique Daphnée Boussard. "Et une baisse de 3% à 10% pour tout le reste de la carte."
Certes, se payer un étoilé Michelin ne reste pas à la portée de toutes les bourses, mais quelques euros en moins sont toujours les bienvenus. 
Côté social, le patronat s’était engagé à créer 40 000 emplois en deux ans. "Au Médicis, une nouvelle employée est arrivée ce matin", continue la co-gérante. "Et nous comptons bien profiter de la fermeture hivernale pour réaliser quelques travaux d'embellissement."

Aucune sanction n'est prévue pour le moment par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), mais pour Tony Billard, "le meilleur censeur reste le client. S'il voit que pour la même carte, c'est moins cher ailleurs, le choix sera vite fait !"

Michèle Colombel

1er juillet 2009
 

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