Aucun plugin flash n'est activé sur votre navigateur.
Pour une navigation optimale, merci de l'installer en cliquant ici.
Aucun plugin flash n'est activé sur votre navigateur.
Pour une navigation optimale, merci de l'installer en cliquant ici.
La décision du proviseur du Lycée Ronsard de Vendôme de refouler un élève coiffé d'une crête rouge et bleue a provoqué cette semaine une vive émotion dans la communauté lycéenne vendômoise. Voilà, aux dires de certains potaches, "une atteinte grave à la liberté des lycéens", "un acte de discrimination intolérable !" Et la réaction ne s'est pas faite attendre. Dès le lendemain, en signe de solidarité, une trentaine d'élèves s'est présentée au lycée coiffée d'une crête colorée. Attention, au lycée Ronsard de Vendôme, on ne badine pas avec la liberté d'expression !
J'avoue que l'ampleur prise par l'incident m'a beaucoup surpris. Et oui quoi, pourquoi empêcher en effet un lycéen, à l'approche de Pâques et l'arrivée des cloches, de vouloir ressembler à un coq ? Un coq républicain de surcroit puisqu'il ne manquait que le blanc pour rendre cette jolie crête tricolore !
Avouons donc plus sérieusement que le sommet du ridicule ne réside pas, à nos yeux, dans la tenue et la coiffe "originale" de ce sympathique lycéen qui n'a sans doute pas trouvé d'autre moyen de se démarquer et de démontrer une originalité et une intelligence qui s'affichent plus sur le crâne qu'à l'intérieur. Non le sommet du ridicule, une fois n'est pa coutume, réside dans un mail adressé à notre rédaction par le secrétaire fédéral du Parti Socialiste de Loir et Cher, Pascal Usseglio qui, après avoir salué "l'intelligence, l'humour et l'esprit de solidarité des lycéens qui ont coloré leurs cheveux en guise de soutien" (ils auraient pu se teindre en rose aussi), veut très sérieusement discerner dans cet épidode un mouvement "qui tend à substituer à la justice la question de l'ordre et en particulier de l'ordre moral !".L'heure est grave camarades, la patrie des droits de l'homme est en danger ! Pour preuve, un lycéen coiffé d'une crête a été refoulé de son lycée !
Je ne crois pas que l'épisode méritait que les politiques s'en saisissent ainsi. D'ailleurs, aucun autre ne l'a fait. Alors, faut-il saisir la HALDE ? la Ligue des Droits de l'Homme ? Et quelles sanctions devrait -on prendre à l'encontre de Monsieur Pielot ? Une colle ? un zéro ? un conseil de discipline ? une exclusion temporaire... voire définitive ?
Redevenons un instant sérieux pour réfléchir sur les propos du proviseur : "je ne suis pas sur qu'accepter toutes les volontés des jeunes soit leur rendre service sur le plan éducatif". C'est un bon sujet de réflexion non !
Et puis attardons nous un instant sur le véritable évènement de la semaine au lycée Ronsard de Vendôme, c'est à dire la distinction, cette année encore, de l'établissement au palmarès des lycées publié par le magazine l'Express. Le lycée affiche un taux de réussite au baccalauréat de 93,5 %. Ce résultat révèle une réelle valeur ajoutée de l'équipe éducative, animée par Alfred Piélot, au bénéfice des élèves. Voilà une performance remarquable qui récompense un travail de fond, une formation et une préparation exemplaires des élèves. Celà mérite d'être souligné non !
Du coup, je ne suis pas certain que le jeune héros à la crête rouge et bleue soit bien la victime et celui à qui l'on manque de respect ! Mais il est tellement plus simple de rester à la surface des choses, sur la crète... de la bêtise.
© 2011
ce n'est pas la décision d'exclure cet élève punk qui a provoqué les réactions de ses camarades et certains enseignants; c'est le fait que cette exclusion s'est déroulée dans le non respect du réglement intérieur: pas de sanction graduée avant l'exclusion, pas de dialogue;
c'est aussi le fait que l'explication qu'en a donné le proviseur , traitant l'élève de "ridicule",allant jusqu'à suggérer que "Pendant que nous y sommes, nous n'avons qu'à venir parfaitement nus." est d'une partialité, subjectivité et incongruïtés inacceptables ; la notion de discrétion dans la manifestation de ses sentiments et idées, décence, respect d'hygiène et de sécurité figurent au réglement; pas celle de "ridicule". N'en déplaise à certains, le proviseur,garant du réglement intérieur, l'a bafoué.
Je pense qu'accepter toutes les erreurs d'un proviseur ne rend pas service à la communauté éducative.Pas plus que d'accepter "toutes les volontés des jeunes".
Par ailleurs,si ce non respect d'une procédure d'exclusion était une erreur rarissime de jugement du proviseur, elle n'aurait certainement pas déclenché ces réactions; mais les fréquentes erreurs et contradictions dans le pilotage du proviseur exacerbent vite la sensibilité de tout le monde au lycée- y compris et surtout la sienne!. En attendant une mutation dont la concrétisation s'éloigne un peu plus chaque année,il est à déplorer que la sanction définitive ne se fera problablement pas avant la retraite du proviseur.
Par contre, je vous rejoins sur le fait qu'il est regrétable que des politiques tentent de récupérer cette afaire.
Dernière précision, ce n'est pas dès le lendemain de l'incident que les élèves ont réagi en se colorant les cheveux, c'est le mardi suivant.Je suis malheureusement attaché à une certaine rigueur (que certains qualifiront de rigueur certaine) et un respect bilatéral des règles de vie en communauté et du bon droit.
Merci de votre attention
Dans la cochon tout est bon, a des fins de récupérations aussi.
merci à vous d'avoir relaté et commenté cette anecdote, typique du genre de problèmes et de débats qui peuvent agiter la communauté éducative à laquelle j'appartiens, au titre de professeur de philosophie.
Mon travail consiste à rendre possible la liberté d'expression de nos chers ados, mais d'abord et plus en amont, leur liberté pour penser. C'est précisément là que je souhaite redire que ce n'est pas en applaudissant systématiquement à toutes les originalités (ou fausses originalités... le punk "no future" est mort depuis 20 ans, il serait temps de passer à d'autres modèles (ou absences de modèle) de vie, pour les lycéens...) dont un jeune de 17 ou 18 ans peut se croire capable.
Un lycée n'est pas un lieu fait pour s'amuser, ce n'est pas un lieu de vie festif, mais un lieu où l'on vient apprendre comment être réellement maître de sa pensée et de son propre corps, où l'on apprend qu'une liberté ne s'exprime réellement que dans l'affrontement serein à un minimum de contraintes. Accepter notamment une certaine discipline vestimentaire et/ou capillaire dans le cadre d'un lieu de travail relève bien de cet apprentissage de la liberté et du respect d'autrui à quoi vise l'institution du lycée.
Retour à l'ordre moral? symptôme convergeant dangereusement vers une oppression généralisée des libertés individuelles? à voir.
On aime les théories des procès inconscients ("procès sans sujet" disaient le marxisme et le structuralisme) qui traversent et déterminent le corps social, ou non.
Franchement, des mesures disciplinaires dans les lycées, il y en a toujours eu, et ce indépendamment de la conjoncture politique, et du style de gouvernement actuel.
Sachons raison garder: que l'on soit de droite ou de gauche, on doit souhaiter, si l'on désire réellement l'émancipation des corps et des esprits, que dans l'idée même d' "éducation", il y ait encore la volonté d'é-duquer, conduire hors de soi-même, hors de ses propres désirs les plus immédiats, les plus instinctifs, et au fond les moins libres et les moins intéressants, l'adolescent. La reconnaissance de la norme (non point un "ordre moral": que je sache, Sarkozy n'a pas encore réintroduit les leçons de morale ni ordonné la construction d'un Sacré-Coeur censé permettre d'expier les fautes de la France...!) est la condition de l'apprentissage de la liberté.
Toute anecdote de ce type, en milieu scolaire, est toujours l'occasion de revenir à ces questions essentielles: que veut dire "être le maître de son corps?", "comment penser par soi-même?" (sans pour autant croire qu'on pourrait penser seul, et dans le rejet complet de toute norme extérieure)... dont les réponses réclament sans doute davantage qu'une réduction partisane à une méfiance de principe anti-sarkozyste...
Une fois est coutume, essayer de transmettre une opinion en quelques courtes phrases exposent à brouiller le message.
Pour commencer, je me félicite bien évidemment du bon classement du lycée Ronsard et plus encore des nombreuses initiatives péri scoalire qui animent cet établissement.
Mais l'excellence des résultats des équipes pédagogiques n'interdit pas de porter un regard critique et d'entendre ce que peuvent dire anciens et nouveaux élèves.
Le diable est dans les détails.
Le sens de mon propos est moins le détail que "le diable" qui s'y cache à mon sens.
La question que j'essaye de soulever dans le courrier que je t'ai adressé est moins celle d'un acte isolé que d'un faisceau de faits dans des domaines différents : comportement policier lors des manifestations strasbourgeioses ou à bastia, évolution de la réglementation en matière d'audiovisuel public ou de temps de parole des député, pénalisation de la solidarité envers les sans papiers, et un certains nombres d'évènements dans l'actualité qui traduisent à mon avis un mouvement, conscient ou inconscient c'est un autre débat, dans notre société.
Le propre de l'action politiqueà mon sens c'est de tirer des leçons dans l'observation de la société qui puissent éclairer notre action.
C'est le sens de ma contribution.
En résumé qu'elle est mon idée, qu'il y a un risque aujourd'hui à ce que la réponse proposée aux désordres crééent par une situation économique désastreuse soit une réponse d'ordre moral c'est à dire cible les comportements individuels. ce risque n'est ni nouveau ni inédit.
Or cette réponse ne résoudra pas les problèmes liés au fonctionnement de notre société. L'ordre seul n'est pas la justice.
C'est une opinion et une analyse, elles sont évidemment personnelles et donc contestables et soumises au débat.
Le ridicule ne tuant pas, je m'en tire avec un double sourire cette semaine. Le premier c'est les lycéens vendômois qui l'ont posé sur mes lèvres par l'humour de leur réaction.
Le second c'est en lisant ton blog. car il n'y a rien de pire que d'être sur de soi et je trouve sain d'être seccoué ainsi par ta plume (ce qui arrive de moins en moins souvent aux politiques).
Un vrai acte de résistance ;)
Bien à toi
Pascal