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Les musiciens du groupe de jazz manouche "Les Pommes de ma Douche" ne se produiront pas en concert dans l'église de Contres. Le curé de la paroisse, Dom Vincent, soutenu par l'Evêque de Blois, Monseigneur Maurice de Germiny, s'y oppose et prie les jazzmen de bien vouloir aller swinguer ailleurs.
"L'église est entièrement consacrée au culte, et un concert de musique profane n'y a pas sa place" rappellent les ecclésiastiques pour justifier leur refus d'accueillir un concert pourtant labellisé Festillésime 41, le très sérieux rendez-vous culturel annuel du Conseil Général de Loir et Cher.
De son côté, le maire de Contres, Jean-Luc Brault est (une nouvelle fois) très remonté ! Et il a beau invoquer les saints évangélistes Jean et Luc ; il a beau rappeller que Saint Cyr et Sainte Julitte vont coûter dans les deux ans qui viennent 900 000 € aux contribuables controis pour offrir à l'église un saint lifting , rien n'y fait ! Je jazz manouche n'est pas catholiquement correct et les Pommes de ma douche n'ont qu'à aller se faire applaudir ailleurs.
Sainte Cécile, patronne des musiciens, aurait sans doute été plus bienveillante, même si les Pommes de ma douche ne possèdent pas les instruments sacrés, l'orgue et la harpe, mais un examen attentif du répertoire des Pommes de ma Douche (la radio possède tous leurs albums) nous a conduit sur une autre voie, avec la découverte d'un titre baptisé "Pigalle", ce haut lieu parisien du culte des sens... interdits ! Voilà peut-être l'objet du délit. Dominique, Pierre, Laurent et les autres allaient-ils oser jouer les louanges des filles de petite vertu, de ces Marie-Madeleine du boulevard Clichy et de leurs odieux souteneurs ? Il ne fallait sans doute prendre aucun risque et donc bouter ces jazzmen en dehors de l'église, en rappellant au passage que depuis les lois de 1905, c'est chacun chez soi et les paroissiens seront bien gardés.
D'autres objecteront sans doute également que la communauté des enfants de Django Reihnardt, qui diffuse avec tant de talent sa musique manouche, même si les cinq musiciens des Pommes ne sont pas des gens du voyage, est réputée pour sa foi, pour une expression vivante et gaie de la foi, où la musique prend une très grande place. Ils rappelleront aussi peut-être que la majorité des gens du voyages est de religion catholique même si son syncrétisme religieux n'a sans doute d'égal que le syncrétisme politique du bouillant maire de Contres qui doit aujourd'hui méditer, ou plutôt ronger son frein, en s'étonnant encore qu'il soit plus facile d'installer des usines que de récupérer les clefs de l'église !
© 2011
Pourquoi le contribuable devrait - il supporter l'entretien d'un bâtiment qui ne sert pas à la communauté mais seulement à une minorité ?