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Une réaction à un précédent article d'un internaute qui militait pour une politique "sans frontières" m'a donné l'idée de composer la liste idéale pour ces élections régionales 2010. Cet exercice d'oecuménisme politique est parfaitement inutile et un brin démago car on sait très bien, à l'inverse de la chanson des Compagnons de la Chanson, "que tous les politiques du monde, même ceux du Modem, ne décideront pas d'être copains, et ne se donneront jamais la main".
Convaincus pour autant qu'aucune liste n'a le monopole du talent, du courage ni de l'imagination, qui sont trois vertus cardinales en politique, nous avons tenté de composer la Dream Team 41 avec ses titulaires, ses suppléants et même quelques remplaçants !
Voici donc la composition de cette liste de large rassemblement qui respecte la parité mais se moque totalement des étiquettes, des appareils, des courants ou autres copinages.
1. Karine Gloanec-Maurin (PS). Son appel à imaginer une politique poétique suscite la curiosité. Son goût pour la culture et son dégoût pour les porcheries attirent la sympathie. Sa parfaite connaissance de la boutique régionale inspire la confiance. Au delà, la véritable culture fédérale dont elle a su faire preuve au sein d'un parti manifestant bien des symptômes de schizophrénie justifie une pôle position qui ne doit rien à la galanterie ni à la délicatesse, deux valeurs d'ailleurs très étrangères aux moeurs politiques.
2. Nicolas Perruchot (NC). Mea culpa : ce choix est parfaitement égoiste et intéressé : Nicolas Perruchot est un excellent client pour les journalistes, enfin pour ceux qui se rappellent qu'il existe. Son discours, ses formules assassines, ses petites phrases sont un bonheur pour les intervieweurs.
Bon, comme d'autres, il risque fort de cumuler les mandats mais mais comme tout le monde s'en moque complètement (sauf les écologistes peut-être), on zappera allègrement ce critère qui priverait de surcroit cette prestigieuse galerie de son seul parlementaire.
3. Beatrice Arruga (PS). Après l'avalanche de compliments et d'hommages qui lui ont été adressés, il est vrai surtout par la droite et le centre , suite à sa mise à l'écart de la liste socialiste, il était inconcevable de ne pas citer la benjamine de l'Exécutif Régional. La voie "Royal" est pleine d'embûches mais il en faudra visiblement beaucoup plus pour ralentir la "duracel" de la politique locale .
4. Marc Fesneau (Modem). J'avais perçu "baby rouquin" mais il fallait entendre "Baby requin". Ce sobriquet est très sévère mais sans doute à la mesure des craintes ou des jalousies que suscite ce surdoué local de la politique. Après le naufrage prévisible de l'amiral Bayrou, pas d'inquiétude pour lui : il rebondira facilement. Impossible par ailleurs d'écarter un sciences-po d'une liste aux régionales.
5. Anne Martin (SE). Retenue dans la catégorie des révélations. L'agricultrice bio de Monthou-sur-Bièvre, sympathisante d'Europe Ecologie, incarne la société civile et un monde agricole curieusement absent des listes régionales. Elle ne sera pas élue car la politique alimentaire est réservée à d'autres. Anne Martin, elle, nourrit les autres, de son métier, de ses idées, de son exemple car elle se lève tôt pour démontrer hélas que parfois, et même en Sarkozye, on peut travailler plus pour gagner moins.
6. Claude Chanal (UMP). Et si l'on rendait justice au travail accompli ? Ancien conseiller régional, Président actif et compétent du Pays Vallée du Cher Romorantinais, Claude Chanal a parfaitement piloté la relation communautés de communes-Région Centre. Très fair-play, il a souvent loué la qualité de cette relation. Alors qu'il sorte, peut-être, mais par la grande porte !
7. Isabelle Maincion (SE). Le moment est venu pour Isabelle Maincion d'élargir son horizon, au delà du Vendômois. Si elle revendique clairement son appartenance au centre-droit, elle consacre peu de temps au discours politicien, préfèrant évoquer les vicissitudes actuelles du monde rural : agriculture, désertification médicale, situation du commerce et de l'artisanat... Et même si c'est Leroy qui l'a faite Reine, son engagement s'appuie sur un parcours personnel et professionnel qui crédibilise sa démarche.
8. Jean-Claude Delanoue (PCF). Relégué en 6ème position sur la liste Front de Gauche, il faudrait vraiment une nouvelle révolution d'octobre pour sauver le siège de Jean-Claude Delanoue. Le conseiller régional de Romorantin a pourtant respecté son mandat et ses électeurs en faisant preuve d'une assiduité et d'un travail très largement salués. Fidèle à ses convictions, disponible et loyal à l'égard de la majorité , il ne méritait sans doute pas que le PCF lui claque la dela-porte au nez !
9. Chantal Rebout (verts). Son humeur, son énergie et la force de ses convictions réveillent les matinales de Plus FM. Pour un peu, elle nous ferait aimer les horribles éoliennes et détester le nucléaire.
10. Guy Vasseur (UMP). Il fallait vraiment que l'UMP 41 ait un extraordinaire vivier local de compétences pour se priver du tout nouveau Président de l' Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture. Les militants du comité départemental lui avaient pourtant témoigné leur confiance. En vain, car c'est parait-il à la buvette de l'Assemblée Nationale que ça se passe.
11. Isabelle Soirat (PS). Merci à cette campagne des régionales qui nous aura permis de découvrir cette ardente militante du monde associatif et politique. Comment ne pas apprécier des personnalités aussi altruistes et engagées, et des personnalités qui savent défendre leurs idées avec autant de conviction et de sincérité.
12. Charles Fournier (SE). Une autre révélation de cette campagne régionale. N°2 de la liste Europe Ecologie, ce candidat mêle une sympathique décontraction à une réelle expertise sur les questions de formation et de jeunesse. A l'évidence, il n'aime pas non plus les "déchets nucléaires" mais son goût pour le nespresso le protège, semble-t-il, de tout intégrisme écologique !
Nous avons aussi pensé à :
Laurianne Delaporte (PCF) mais les lendemains politiques sont si incertains qu'elle devrait sans doute prioritairement achever ses études afin d'exercer un vrai métier.
Marie-Anne Clément (NPA) mais il y a comme un espèce de voile qui masque un peu cette campagne du NPA et empêche d'y voir totalement clair.
Catherine Lockhart, Marc Gricourt et Jeanny Lorgeoux (PS) car nous n'avons toujours pas compris en quoi les maires des trois plus grandes villes du Loir-et-Cher seraient plus utiles à leur ville dans l'opposition départementale que dans la majorité régionale. Et ce d'autant plus qu'il parait que la Région développe des compétences essentielles dans les domaines du développement économique ; de l'aménagement du territoire ; de la formation....
Christophe Degruelle (PS) mais c'était avant de savoir que le Président de l'agglomération-maire adjoint de Blois était par ailleurs pris par "un gros mi-temps" à 4500 € nets en sa qualité d'inspecteur de l'académie de Paris pour évaluer... l'académie de Nancy (NR du 18/02/2010). Evidemment, on ne peut pas tout faire !
© 2011
Merci à toute l'équipe.
Bravo à vous, Pascal, pour ces heures de débat entre les candidats. Merci pour votre aide quasi quotidienne qui permet aux élus de s'exprimer, au delà des petites phrases.
Cirer les pompes à une personne, signifie en langage populaire, flatter une personne pour en tirer un bénéfice. Or quel bénéfice je peux tirer « en cirant les pompes » de Béatrice ARRUGA, puisque dans quelques jours elle ne fera plus partie du CONSEIL REGIONALE ? Aucun. Donc j'explique simplement que dans un certain parti l'on n'aime pas les gens intelligent ou qui ne sont pas des godillots à illères. C'était tout ce que je voulais dire, mais je n'en tire aucun intérêt, sinon dire ce que je pense, en annonçant ma véritable identité. C'est vrai que cela demande une « tout petit peu de courage », mais sans plus.
François CELERIN
La liste idéale ? Sans vouloir vous vexer, Cher Pascal, ce jeu est un peu ..facile, mais il ne mène à rien, si non à faire sourire et vous avez peut-être raison, car pour le moment nous n'avons pas beaucoup d'occasion de le faire. Mais cela revient au même exercice que d'être sélectionneur de l'Equipe de France de football, en France il y en a des millions.
Toutefois je relève simplement votre passage sur Béatrice ARRUGA. Je ne vois effectivement pas le Parti Socialiste et surtout les responsables de ce Parti, qui n'aiment que ceux qui portent des « godillots et des illères », faire des compliments à Béatrice ARRUGA. Avec ce genre de dirigeants être intelligent (et surtout plus intelligent qu'eux), être ouvert d'esprit (ceux qu'ils ne sont effectivement pas) et avoir de l'ambition, alors là c'est le comble ! Vouloir secouer le « cocotier socialiste » pour le faire évoluer, trop c'est trop, d'où sa mise (je pense) à l'égard. Mais si je peux donner un conseil aux Socialistes (ou plus exactement à la nomenklatura socialiste, car il y a des gens bien chez les Socialistes) c'est justement de changer de marque de piles et de regarder un peu plus la réalité, plutôt que de critiquer systématiquement ou d'exclure (exercice à la portée de tout un chacun), de proposer des solutions réalistes, car personnellement je les attends toujours sur ce point.
Si je prends « le parti » de Béatrice ARRUGA (jeu de mot facile, je l'admets !) c'est justement que je ne suis pas proche de son parti (ni éloigné d'ailleurs), mais que je juge plutôt les « Hommes » à leur façon d'aborder les problèmes, sur leur intelligence, sur leur esprit d'ouverture au dialogue, plutôt que l'étiquette qu'ils affichent ou qu'on leur colle dans le dos.
Et je reprendrai ce que j'ai déjà dit au sujet d'une liste ; c'est que pour une fois des personnes d'horizons divers, ont réussi à composer une liste en mettant en commun leurs idées, leurs solutions, leurs savoirs, leurs compétences diverses et en ne changeant pas d'avis (ni de personnes) entre les deux tours et je préfère cela à des personnes qui, au premier tour, vont se livrer une petite guéguerre et ensuite faire semblant d'être d'accord pour le deuxième tour, alors qu'il y aura forcément des déçus, des aigris, des « mis sur la touche » et ceux qui voteront pour cette liste, voteront pour de belles phrases et résolutions qui voleront en éclats, tout de suite après les élections, car il y aura des rancoeurs personnelles qui auront été mises au fond des poches, « avec le mouchoir par-dessus », mais qui ressortiront dès les élections passées.
Il manque cependant deux dimensions : la politique, c'est aussi faire des choix, et les assumer. Quels choix pourraient faire une telle équipe, si ce n'est de se neutraliser en permanence? Cette Dream Team arriverait-elle à jouer pour toute l'équipe, ou chacun voudrait-il montrer son adresse, quitte à perdre le match?
L'autre dimension, c'est le temps. Les politiques doivent pouvoir prendre des décisions qui n'auront d'effets bénéfiques que dans 10 ou 20 ans, bien au delà de leur mandat. ça veut dire par exemple faire des investissements lourds en économie d'énergie, quitte à augmenter les impôts, pour pouvoir réduire la facture énergétique dans l'avenir. Quels politiques sont capables de prendre le risque de perdre les élections aujourd'hui pour le bien commun de demain? Et sommes nous, nous électeurs, prêts à entendre de tels discours?
D'autant que, dans tout électeur, il y a un candidat qui sommeille. Et qui sait toujours mieux que les candidats ce qu'ils auraient du ou pourraient faire. Mais qui oublie finalement de lire les programmes des uns ou des autres et oublie d'aller voter, persuadé que ça ne changera rien
He bien si, ça peut changer, et c'est pour cela qu'il faut croire dans la démocratie représentative et la soutenir. Nous sommes tous concernés et c'est à nous de choisir entre les promesses des uns et des autres. Peut-être que tout ne sera pas tenu, et peut-être devrons nous rapeller aux uns et aux autres pourquoi ils ont été élus, mais ne pas voter, c'est laisser d'autres choisir à votre place.
Votons.