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Mais quelle mouche a donc piqué Marc Gricourt lors de sa rencontre, jeudi dernier, avec les commerçants de Blois ? Comment le Maire de Blois a-t-il pu ainsi déraper en osant invoquer « les heures sombres de notre histoire » pour fustiger les réactions outrancières de certains commerçants, particulièrement remontés par la présence trop visible, et trop alcoolisée, des SDF qui empoisonnent la vie dans le centre- ville, et grippent la machine commerciale !
On a franchement connu le maire de Blois plus patient, plus inspiré et plus pertinent. Bien sûr, certains marchands n’ont pas fait preuve de finesse et ont une fois de plus démontré la facilité avec laquelle ils étaient capables de passer du sourire le plus commerçant au rictus le plus vulgaire ! Mais le maire de Blois n’avait-il d’autre choix que d’abaisser sa réponse à un niveau très inattendu de la part du premier édile de la ville ? Ses mots ont été moins grossiers qu’un certain « casse-toi pauvre con » mais la petite phrase « cette attitude me rappelle les comportements des années quarante » est sans doute plus insultante.
Et cela devient un très mauvais réflexe, depuis un certain temps, de convoquer « Vichy, la collaboration et la déportation » , comme on l’a particulièrement entendu à l’occasion de la décision gouvernementale de démanteler les camps de roms et de reconduire dans leur pays d’origine les personnes en situation illégale.
Cette question sensible des roms méritait à l’évidence un traitement moins spectaculaire, moins médiatique, plus soucieux de la dignité des familles concernées ; mais quel rapport y-a-t-il entre le renvoi des roms, et le voyage fatal qui attendait, dans les convois et dans les camps de la mort, les populations ciblées par les nazis ?
Invoquer ces évènements sans nuance, et sans souci d’établir un lien historique pertinent, est donc un exercice dangereux dans la mesure où ces raccourcis hâtifs de l’histoire risquent de distiller l’idée qu’expulsion=déportation.
Il n’y a aucun courage commun entre le collectif de solidarité envers les roms et les justes ; il n’y a aucun point commun entre le cercle du silence de la rue du commerce, et le Silence de la Mer de Vercors ; il n’y a aucune filiation entre les résistants qui combattaient l’ennemi, au péril de leur vie, et les droitsdel’hommistes qui, au son de la clarinette, pensent se dresser contre un oppresseur imaginaire ! N’est pas Jean Moulin, ou Pierre Sudreau, qui veut !
Les Rendez-Vous de l’Histoire de Blois tombent donc à pic, pour rafraîchir la mémoire de chacun, pour réfléchir avec sérieux à la nature des évènements historiques et à leur véritable portée. Ne galvaudons pas la morale de l’Histoire, sur l’autel de controverses mesquines et politiciennes et, comme nous y invitaient souvent les grands maires de Blois que furent Pierre Sudreau et Jack Lang : élevons le débat !
© 2011
Quel moment auriez vous attendu pour vous inquiéter monsieur Gautier? Lors de la perte du droit au travail? De l'expulsion des logements? De la réquisition ou la destruction des biens? plus tard? A quel moment est-ce "juste" de s'offusquer monsieur Gautier?
Les commerçants veulent interdire la misère? Supprimer ou déplacer les SDF?
La solution est bien plus simple, loger les SDF et le problème est résolu. Plafonner les loyers qui ont triplés en 10 ans, réquisitionner les logements vacants et construire. Mais cela ne plaira pas aux petits propriétaires, vendeurs de sommeil et autres gougnafiers dont vous parlez plus haut.
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Nimby
Ce qui a été condamné cet été, y compris par des évêques et des élus européens (une bande d'irresponsables incultes, sans doute..), c'est de désigner une ethnie particulière, celle des Roms, comme étant responsable de l'insécurité. Et ce n'est pas une invention puisqu'une circulaire le stipulait précisément.
La résistance est faite de tous petits gestes, de ces petits gestes qui tiennent éveillées les consciences. Quand Rosa Parks refuse de laisser sa place à un blanc, quand Ghandi décide de prendre le sel de la mer, quand Jean Lassalle entame une grève de la faim, quand Coluche crée les restos du cur .ce sont de petits gestes qui sont des signes de résistance à « l'ordre établi ».
Et les 10 000 manifestants qui envahissent régulièrement la ville (encore des incultes irresponsables tout comme les 55% de français qui avaient refusé le traité européen) sont aussi là pour témoigner de cette résistance non-violente à un « ordre établi ».
Bientôt les vacances il serait tant de retrouver un peu d'humour, sinon, nous finirons tous par nous prendre au sérieux.
Tout se passe comme si l'affect, ou l'arc-réflexe, devait systématiquement court-circuiter la raison, et la réaction "viscérale" ou "épidermique" le sens de la modération langagière, laquelle est pourtant indispensable à une vie politique digne de ce nom.
On pourra s'interroger sur le sens de cette référence maladroite, sinon pénible, à l'histoire (mais laquelle? les "comportements des années 1940": ceux de qui, exactement?), et se demander si, à trop vouloir toujours comparer une situation actuelle à des événements passés, on n'avoue pas en creux son impuissance à penser cette actualité pour elle-même, et à lui répondre par l'action.
Ne pas aimer la vénalité, ou la frilosité face à l'autre, manifestées par certains, voilà une attitude humaniste louable. Encore faut-il qu'elle trouve à s'exprimer, et à s'incarner, dans autre chose que dans les poncifs de l'heure, véhiculés par la gauche la moins intéressante que l'on croise en ce moment.