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Surprise dans les rangs de l’UMP de Loir et Cher : la jeunesse prend le pouvoir ! Enfin précisément, on lui donne le pouvoir puisque ce sont les instances supérieures, c’est-à-dire parisiennes, du mouvement qui ont désigné Julien Rutard comme nouveau chargé de mission départemental, en lieu et place de Jacques Chauvin, actuel chef de file de l’opposition municipale au conseil municipal de Blois.
A 23 ans seulement, le jeune cellettois qui avait déjà montré du caractère lors des dernières cantonales, en s’accrochant avec vigueur à son investiture sur le canton de Blois II, alors que certains voulaient l’envoyer se faire bizuter chez Marc Gricourt sur les terres inhospitalières pour l’UMP de Blois IV, prend donc du galon au sein de l’UMP 41, un parti que l’on ne croyait plus capable d’entreprendre une telle cure de rajeunissement.
La mission, qu’il a acceptée, est de redonner vigueur à la droite locale et démontrer qu’en dépit d’un ADN centriste, qui reste toujours à analyser, la droite loir-et-chérienne pourrait mieux fonctionner sur deux jambes, l’une centriste et l’autre umpiste.
L’avènement du divin jeune homme, pétri –parait-il- d’autant de qualités que de diplômes, va-t-elle en effet changer la face de l’UMP locale en rassemblant et en mobilisant les militants égarés ? Le jeune Julien, qui promettait avec candeur lors de sa première cantonale, de « transformer les rêves des électeurs de Blois II en réalités » va-t-il déjà mettre un terme au cauchemar d’une famille politique condamnée depuis des lustres à jouer sur Blois et alentours les utilités, alors que l’électorat peut la suivre comme en témoignent en Loir-et-Cher les 29,84 % de N. Sarkozy au premier tour des présidentielles de 2007, bien loin devant les 19,42 % du centriste François Bayrou, alors encore soutenu par les plus éminentes personnalités politiques locales, comme Maurice Leroy, Nicolas Perruchot et Jacqueline Gourault.
L’heure de la relève a-t-elle donc sonné au sein d’une UMP 41, sonnée depuis tant d’années par tant d’échecs ? L’heure est-elle venue de présenter de nouveaux visages, de développer de nouvelles méthodes, d’afficher de nouvelles ambitions ? L’UMP 41 en a-t-elle terminé avec les vraies-fausses candidatures, les rôles de figurants, les reculades et les investitures cantonales, régionales ou législatives annulées sur l’autel de l’union de la majorité ?
Le défi est de taille pour Julien Rutard, ingénieur en organisation et qui, à défaut d’expérience à faire partager –que sait-on à 23 ans ?- apportera sans doute quelques méthodes apprises dans la prestigieuse grande école Télécom Paris Tech, et misera sur la bravitude de son jeune âge pour bousculer l’ordre établi et remettre son parti dans le sens de la marche.
Mais il y a un autre défi à relever qui est celui du terrain. L’acte de naissance et quelques fonds de culotte usés sur les bancs de l’école communale ne suffisent pas à ancrer un politique dans un territoire. Les électeurs se méfient des serments et des mots. Ils veulent des actes et des preuves d’amour ! Tant de comètes ont filé dans le ciel, ces étoiles éphémères de la politique qui voulaient juste récolter les voix sans avoir rien semé ; quelques opportunistes qui pensaient qu’une gueule et un CV allaient leur offrir sur un plateau l’estime et la confiance de la population. « Il ne faut pas prendre les gens du Loir-et-Cher pour des berlots » répète à l’envi Maurice Leroy, le Ministre-Président du Conseil général de Loir-et-Cher. Ce conseil est avisé.
La politique n’est pas un exercice d’état-major. Elle peut se décréter rue de la Boétie, dans le prestigieux 8ème arrondissement de Paris, où il n’y a dans ce quartier que le mouvement qui soit vraiment populaire, mais la véritable popularité et la véritable légitimité viennent du terrain où tout se joue, et pas seulement le week-end !
A Julien d’effacer cet écueil pour faire oublier Jacques, qui ne fut pour sa part jamais pris en défaut d’infidélité aux terres de Blois, car pour réussir localement, il faut bien être un peu chauvin !
© 2011