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Bernard Valette a un long parcours de militant et d'élu. Je l'ai connu pour ma part en 1983, lors d'une élection municipale mémorable qui l'opposa à Pierre Sudreau. La campagne fut très tendue. L'outsider Valette fit sortir le maire sortant de ses gonds, et les coups de tonnerre furent violents dans le ciel des relations entre Pierre Sudreau et la presse locale. L'élection fut perdue - c'était avant Jack Lang - mais Bernard Valette fut un chef de file de l'opposition particulièrement actif.
J'ai gardé de cette période une estime particulière pour Bernard Valette qui, sans doute mieux que quiconque, a toujours su se positionner, en se fixant des objectifs politiques à sa portée, pour construire au final une belle carrière d'élu, avec des responsabilités enviables, tant au sein de la Ville de Blois qu'à la Région Centre, où il emprunta parfaitement (et loyalement) les sillages des Jack Lang et autre Michel Sapin !
Bernard Valette endosse volontiers aujourd'hui le rôle du sage et j'espérais donc qu'il livrerait quelques clés pour la compréhension du débat qui, en cet automne, mobilise les socialistes. Qui pour diriger le PS ? "Je n'ai pas de choix déterminé" a avoué Bernard Valette qui s'est juste borné à dresser le portrait robot du futur Premier Secrétaire qui devra être "actif, dévoué, compétent, disponible d'esprit, fidèle aux idées... et avec un fort sens de l'unité". Alors qui correspond le mieux à ce portrait robot ? Bernard Valette ne livre pas de nom. Tout juste sent-on percer une préférence pour Ségolène Royal, dont il apprécie "l'originalité", mais elle n'est plus candidate au poste de Première Secrétaire.
"On a l'embarras du choix" confesse Bernard Valette qui observe que "pas grand chose ne distingue les différentes motions" et que le débat "est bien devenu un problème de casting alors que ça doit rester un problème de projet".
Alors d'où viendra la lumière ? Les militants ont le doigt sur l'interrupteur. Le contraste apparaît très fort entre l'unité apparente manifestée à la base, et les déchirements à la tête du Parti. Bernard Valette note que "l'unité est forte entre les militants. Leur intelligence, leur pugnacité, leur façon de travailler sont plus importantes que le reste". Et il salue au passage "le travail remarquable" de Karine Gloanec-Maurin, la Secrétaire Fédérale du PS 41, garante localement d'une unité qui n'est pas de façade.
Bernard Valette est donc confiant : "je suis optimiste parce qu'il y a tout à la fois la recherche de l'idéal, la recherche d'un compromis, la force des militants qui poussent à l'union et la sanction de l'opinion sur ceux qui partent à la dérive et seraient prêts à un comportement suicidaire pour le parti".
Confiance donc au bon sens des militants qui sauront trancher le moment venu. Le salut passe par l'union. "Ce sont les militants qui l'exigent".
© 2011