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Pour avoir salué le succès de la primaire socialo-citoyenne, en octobre dernier, nous pouvons, avec la même bonne foi, avouer que la désignation des candidats socialistes pour les législatives 2012 nous laisse un peu sur notre faim. Notre réserve ne porte évidemment pas sur la qualité des personnalités choisies, l’opinion de la presse ayant à cet égard fort peu d’intérêt, ni d’importance. Elle porte en revanche sur la mobilisation de la famille socialiste loir et chérienne qui, si l’on se fie donc au nombre total de militants habilités à prendre part au vote, c’est à dire adhérents au moins depuis avril 2011 et à jour de leur cotisation, compte au total 363 membres : 168 dans la circonscription de Blois ; 115 dans la circonscription de Romorantin et 80 dans celle de Vendôme.
Il y a quelques semaines, j’avais interrogé la socialiste Geneviève Baraban sur le processus de désignation des candidats socialistes aux législatives, en employant le terme « d’officines » chargées de procéder à ces désignations. Ce vocabulaire inapproprié n’avait pas échappé à l’oreille attentive de Benjamin Vételé, le premier secrétaire de la section de Blois qui, avec beaucoup de diligence, avait précisé que « tous les adhérents des circonscriptions concernées se prononceraient par vote, soit quelques centaines sur la première circonscription de Loir-et-Cher ». Ils ont été beaucoup moins nombreux mais on pardonnera cette surestimation, sans doute un vieux réflexe de l’ex-brillant syndicaliste étudiant.
Car qu’importe au final si cette primaire n’a mobilisé dans le département que 252 militants ; qu’importe si certains candidats comptent bien plus d’amis sur Facebook qu’au sein du PS ; l’essentiel est que cette consultation se soit déroulée dans la sérénité et dans un esprit de camaraderie, aux antipodes par exemple de ce qui se passe à Paris, La Rochelle ou ailleurs, là où de méchants états-majors veulent parachuter Cécile, Jack ou Ségolène, au mépris des militants de terrain et des sortants « sortis » sans ménagement, au nom des dures lois de la politique, ou de l’intérieur supérieur d’alliances électorales que l’on espère gagnantes au printemps prochain !
Un ami malicieux me faisait remarquer que, dans la circonscription de Vendôme, 40 personnes seulement sur 80 s’étaient déplacées, soit à peine plus qu’une classe surchargée du Lycée Ronsard. Les abstentionnistes ont-ils oublié la date du vote ? Sont-ils restés fidèles à Béatrice Arruga ? S’agissait-il d’écologistes infiltrés qui auraient souhaité une candidature d’union PS-verts portée par exemple par Florent Grospart ? Voilà en tout cas une nouvelle rivale pour Maurice Leroy qui va reprendre une tournée de Bourbon, après l’épisode raté des sénatoriales qui aura une nouvelle fois prouvé qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant d’avoir voté.
Dans la circonscription de Blois, il y a au moins 89 personnes qui connaissent Denys Robiliard. L’un des protégés de Marc Gricourt a donc été préféré à Geneviève Baraban dont la notoriété acquise lors d’une valeureuse législative en 2007 ; dont le statut de première adjointe de la ville de Blois ; et dont la nette victoire aux dernières cantonales n’auront donc pas suffi aux militants pour lui accorder une occasion de revanche face à Nicolas Perruchot qui occupe ce fauteuil de député depuis 2002 ! Il n’en demeure pas moins que le nouvel impétrant a incontestablement le niveau parlementaire, avec non seulement l’éloquence cultivée par de nombreuses et brillantes années de barreau, mais aussi grâce à des convictions claires et un engagement –bien- à gauche qu’il sait parfaitement défendre et justifier. Certains pourraient peut-être lui reprocher de ne pas avoir une vue très panoramique sur l’ensemble des forces qu’il faudra rassembler le 6 mai, puis le 17 juin, pour gagner des élections, mais chacun a le droit d’estimer que le trio Hollande-Mélenchon-Joly, cette alliance (pré)historique des « forces de gauche » sera au final le ticket gagnant du printemps 2012.
Enfin dans la circonscription de Romorantin-Lanthenay, honneur Tania André qui a écarté de sa route ses prestigieux rivaux : Alain Beignet, conseiller régional, maire de Lamotte-Beuvron ; et Gilles Clément, conseiller général, maire de Mont-Près-Chambord, Président de la communauté de communes du Pays de Chambord ; Président du Pays des châteaux… « Gilles Clément est un homme de terrain, pas un homme de parti » ai-je entendu en guise d’explication. Il est compétent et populaire mais nul n’est prophète en son parti ! En tout cas, Tania André a bien fait de disputer sa chance jusqu’au bout et la nouvelle conseillère générale, forte des conseils prodigués par son mentor Jeanny Lorgeoux, se dit prête à défier le député sortant. Le vent du changement qu’a fait souffler Jeanny Lorgeoux sera-t-il assez fort pour déraciner Patrice Martin Lalande qui briguera pour sa part en juin 2012 son cinquième mandat de député ? Tania André est donc, et à plus d’un titre, la candidate du renouvellement.
© 2011