Le nouveau Préfet de Loir-et-Cher, Philippe Galli, était l'invité des Matinales de Plus FM, ce vendredi. Un premier rendez-vous en direct depuis son installation dans le département, le 16 juillet.
Il est heureux de constater que, depuis quelques années, les préfets se livrent de bonne grâce aux figures imposées de la communication.
Avant Philippe Galli, Jean-Paul Faugère, Marc Cabane et Pierre Pouessel ont su médiatiser l'action de leurs services, et nul ne se plaindra que le représentant de l'Etat dans le département réponde aux sollicitations médiatiques qui lui sont adressées.

Quel premier regard Philippe Galli porte-t-il sur le Loir-et-Cher ?
"Globalement, je suis très agréablement surpris par ce département que je ne connaissais absolument pas. Il possède vraiment des atouts importants : des infrastructures de bonne qualité et un tissu économique diversifié pour faire face demain aux soubresauts de l'économie."
Depuis son arrivée dans le département, Philippe Galli s'est fréquemment rendu sur le terrain : visite d'exploitations agricoles, de la Maison d'arrêt de Blois, de la Centrale nucléaire de Saint-Laurent, inauguration de la Maison de l'emploi du Blaisois... Il revendique ce travail de terrain et cette proximité :
"On n'est plus dans la posture napoléonienne du commandement et de l'autorité. On est dans une posture de discussion, de dialogue, de médiation. Aujourd'hui, on ne fait plus passer une mesure sans avoir pris soin de l'expliquer, pour faire adhérer."
Nous passons ensuite en revue les dossiers prioritaires du nouveau préfet. Il y en a trois : la situation économique, la sécurité routière et la réforme de l'Etat.
Les dossiers ThyssenKrup et Québécor font la une de l'actualité. Les pouvoirs publics sont interpellés, sollicités. Philippe Galli souligne le
"vrai drame" que vivent les salariés, qui voient leurs emplois disparaître alors qu'ils n'ont rien à se reprocher. Sa première préoccupation est donc de veiller au respect des règles et du Code du travail, qui prévoient un certain nombre de dispositifs de protection.
Sa seconde préoccupation est de rechercher des solutions alternatives et de contribuer à un travail collectif auprès des différents acteurs locaux : élus, agences économiques, services de l'Etat.
"Nous n'avons pas le pouvoir d'imposer mais nous avons le pouvoir d'animer la vie économique qui obéit à des cycles, avec des entreprises qui naissent et d'autres qui disparaissent... Je regarde au plus près les entreprises qui se créent."
Seconde préoccupation : la sécurité routière. Les chiffres 2008 ne sont pas bon. Les accidents sont en baisse de 24% par rapport à 2007 mais le nombre de morts sur les routes est en hausse de 28% !
Philippe Galli avertit :
"J'ai le sentiment qu'un certain nombre de conducteurs n'ont toujours rien compris. Ces comportements ne peuvent être corrigés que par une répression féroce." A quelques jours de la semaine de la Sécurité routière, le Préfet compte néanmoins beaucoup aussi sur la communication et la prévention.
Enfin, la réforme de l'Etat.
"On va entrer dans le vif du sujet dans les semaines qui viennent", prévient Philippe Galli qui explique qu'il faut aller vite pour des raisons institutionnelles -l a réduction du mandat présidentiel à 5 ans - , pour des raisons de rationalisation de l'action des services de l'Etat et pour des raisons budgétaires. Le départ en retraite, dans les prochaines années, d'un nombre important de fonctionnaires, va faciliter ce changement.
Mais ce coup d'accélérateur ne sera-t-il pas trop brutal ?
"Si changer les choses, c'est les brusquer et si modifier le dispositif, c'est être brutal, alors effectivement on pourra parler de "brusquerie", mais on ne peut pas faire autrement. Il faut se mettre en mouvement sans le faire toutefois de façon brouillonne."