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QUEBECOR "ON NE SE MOQUE PAS DES GENS COMME ILS L'ONT FAIT"
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Depuis quelques semaines, l'imprimerie blésoise Quebecor est sous les feux de l'actualité. Le sort de l'entreprise ne laisse personne indifférent car elle appartient, au même titre que Poulain ou Delphi, au cercle des entreprises emblématiques de l'économie blésoise. Tout le monde connait dans son entourage un "Quebecor" !
Il y a quelques années, l'imprimerie employait plus de 500 salariés. Les emplois chez Quebecor, ex Del duca, étaient très prisés en raison de la réputation de l'entreprise liée à son savoir faire, à la qualité de ses personnels et, parait-il, à une politique sociale avantageuse. Les temps ont bien changé ! Le groupe HHBV a décidé de se restructurer et l'unité blésoise est sacrifiée sur l'autel de cette restructuration ! 115 emplois sont en jeu. Nous avons donc invité, mercredi matin à 8H, trois représentants du personnel pour évoquer la situation de Quebecor, et plus précisément celle de ses salariés. Nous accueillons donc Michel Barré, secrétaire (FO) du Comité d'Entreprise ; Philippe Duru, secrétaire-adjoint (CGT) du Comité d'Entreprise ; et Jean-Luc Chirez, délégué (CGC) du personnel. Les trois intervenants manifestent en studio une belle unité ; ils prennent et se cèdent la parole en parfaite cohérence ! Ils auraient des raisons de s'emporter, de polémiquer, mais le ton reste mesuré. On ne ressent dans leurs propos aucune résignation, mais au contraire une grande détermination et beaucoup de lucidité. Ils ne cachent pas non plus leur étonnement devant tant de mobilisation, d'attention , de sollicitude autour de leur entreprise !Ils saluent au passage l'engagement à leurs côtés des élus : Marc Gricourt pour la ville de Blois ; Christophe Degruelle et Louis Buteau pour Agglopolys ; le député Nicolas Perruchot... Alors l'imprimerie est -elle condamnée à la fermeture ? les dés sont-ils jetés ? "Les solutions de reprise s'éloignent, concède Michel Barré, mais on a connu 1996... puis 2003... Ca devait s'arrêter, et ça ne s'est jamais arrêté" ! Peut-on s'attendre alors à un nouveau coup de théatre ? Celà tiendrait du miracle car, observe Philippe Duru, "depuis le début, la stratégie de Québecor, c'est vraiment la fermeture, sans explorer d'autre alternative"! Même constat chez Jean-Luc chirez "le groupe s'est obstiné à vouloir fermer l'unité de Blois. La justification de la fermeture est complètement fallacieuse". Pour tenter de sauver l'entreprise, les représentants du personnel sont intervenus tous azimuts. Ils ont contacté des donneurs d'ordres, des repreneurs, des industriels, des clients... Sans résultat car, affirme Ph. Duru, "systématiquement, HHBV nous savonnait la planche". Avec le concours d'un expert comptable et de différents conseils, le Comité d'Entreprise a également présenté un schéma global d'organisation des sites avec une nouvelle répartition des charges de travail. Yvan Lesniak, Le PDG de Circle Printers France aurait même reconnu "le sérieux et la pertinence" de ce projet. Mais sans lui donner de suite.
Alors et maintenant ? Les salariés devaient recevoir cette semaine par courrier deux propositions de reclassement, avant les lettres de licenciement autour du 21 octobre. Selon Philippe Duru, l'entreprise, qui compte plus de 1000 salariés, devrait aussi être assujettie à une obligation de revitalisation sur le bassin d'emploi qui consiste en un versement, à la communauté d'agglomération, d'une somme égale à 2 à 4 fois le SMIC par salarié. HHBV proposerait de régler le plancher ! ce qui indigne encore une fois Ph. Duru : "non seulement l'entreprise ferme mais derrière, elle ne met en place aucune mesure volontariste d'accompagnement pour réactivier le bassin d'emploi". Autre piste : le rachat du site par Agglopolys ? HHBV en exigerait un prix exhorbitant ! Pour Ph. Duru "on a l'impression que le groupe veut financer le plan social par le rachat du terrain par la communauté d'agglomération alors qu'il pourrait le céder pour un euro sympolique". A-t-on fait le tour de la question ? Hors antenne, les trois hommes sont intarissables sur les toutes les démarches qu'ils ont menées depuis plusieurs mois. Mais l'issue parait proche. Au sein de l'usine, les machines sont à l'arrêt depuis plus de quinze jours. Les gens sont "en dispense", c'est à dire qu'ils peuvent rester chez eux. Mais ils préfèrent rester dans l'entreprise. Alors la Direction estime qu'il y a "occupation des locaux". C'est sans doute juste pour vivre ensemble jusqu'au bout, avant de tourner une page douloureuse ! "Certains sont là depuis longtemps, rappelle Michel Barré, il y en a qui sont rentrés à 14 ans ! vous savez, conclut-il, on a pas le droit de se moquer des salariés comme ils l'ont fait". |
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