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EPOS, le festival des histoires, investit le Vendômois jusqu'à samedi.
Installés à l'ombre des arbres du parc Ronsard, les spectateurs se laissent bercer par les voix des conteurs. Epopées, récits séculaires ou encore légendes du monde, Epos mélange les genres et les cultures sans complexe. Cet après-midi là, c'est l'histoire de la plus connue des princesses, Blanche-Neige, qui va être revue et corrigée.
Blanche Neige et Noire Ebène
Première étape : la version des frères Grimm, à deux voix, celles de Christine Kieffer et de Françoise Damour. Et premières découvertes pour les spectateurs : "Je ne savais pas que la méchante Belle-mère était finalement invitée au mariage de Blanche-Neige et du prince !" Il faut dire que la version de Walt Disney omet la mort de la Reine dans le dessin animé, condamnée lors de ce mariage à chausser des escarpins de fer rougis au feu et à danser jusqu´à ce que mort s'ensuive.
Deuxième version, racontée par Catherine Ahonkoba, celle de Noire-Ebène, l'homologue africaine de Blanche-Neige. "C'est une version qui a été collectée au Niger", explique-t-elle. "Elle a la spécificité d'être très ancrée dans le réel, sûrement plus que Blanche-Neige." Pour le spectateurs, la découverte est totale, ce qui n'est pas pour leur déplaire : "J'ai préféré la version de Noire-Ebène", affirme la petite Emilie, dix ans, et déjà deux années de festival Epos derrière elle. "C'est la même histoire, mais dans une version totalement nouvelle. Ca m'a plu !"
"Cela permet d'apporter un regard nouveau sur les contes de notre enfance", estime de son côté Isabelle, venue avec sa fille.
Compagnonnage
Un regard neuf, c'est le défi que s'étaient lancé les trois conteuses. "Nous arrivons avec quelque chose que le public connaît déjà. Il faut lui apporter un renouveau", explique Catherine Ahonkoba. "Le fait de travailler à trois n'a pas toujours été facile, mais chacune a apporté son regard et sa vision aux autres", ajoute Christine Kieffer.
Pour ces contes de l'après-midi, c'est le système du compagnonnage qui prévaut : un conteur aguerri accompagne l'un de ses confrères, moins expérimenté, pour une racontée en public.
"La transmission est l'une de nos missions essentielles", confime Bruno de la Salle, directeur artistique du CLiO, organisateur de la manifestation. "C'est l'une des bases de la littérature orale."
Une nuit magique
Le festival EPOS se poursuit jusqu'à samedi, et investit les lieux du petit et grand patrimoine du Vendômois : un moulin, une cave coopérative, le château de Vendôme ou encore l'atelier d'un sculpteur : suivez le guide et laissez vous embarquez par les histoires merveilleuses d'Epos.
Temps fort de cette fin de semaine : la nuit de "Tout le monde raconte". De samedi soir à dimanche midi, la chapelle Saint-Jacques de Vendôme sera investie par des conteurs d'un soir. Seule règle : raconter une histoire ne devant pas excéder dix minutes. Une nuit à l'ambiance magique, au cours de laquelle chacun va et vient, écoute une histoire allongé sur les coussins installés à même le sol, s'endort, puis se réveille, ne sachant plus vraiment si cette nuit appartient au rêve ou à la réalité. Qui sait?
Michèle Colombel
29 juillet 2010
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